Ça n’est rien …


J’avais sûrement raison. 

Nous deux c’était que dans ma tête. 

J’ai inventé nos promesses, j’ai rêvé nos souvenirs, c’était juste pas réel. 

Un miracle n’aurait jamais pu se produire alors t’as eu raison de partir, de fuir tout ça parce que “tout ça” c’était rien et que “rien” ça en vaudra jamais la peine. 

Alors quel intérêt de dire au revoir à quelqu’un qui l’a déjà fait y’a des années ? 


On les appelle “charnelles » ces personnes qui donnent tout émotionnellement, âme, cœur, corps et esprit. Celles qui, une fois entrées dans ta vie te changent entièrement, celles qu’on écoute au-delà de la peau, jusqu’à l’intérieur de l’os, celles qui de la passion en font une raison, celles dont si tu tombais amoureux, eh bien, il faut d’abord en trouver ! Seulement après cela, tu me comprendras.

Fernando Pessoa

Le retour de Demeter


Que reste-t’il de sa vie ?

Après l’engourdissement et le déni, la colère, le blâme de soi, la négociation,

L’acceptation et la volonté d’avancer se sont présentées.

La page vierge la terrorise. Elle n’a jamais supporté le vide. Mais elle avance, la tête haute.

Elle a perdu la plupart de ses repères. Mais elle est debout.

Elle se dit que l’expérience était violente et se demande s’il n’y avait pas une autre solution pour qu’elle arrive à cet échelon là, que la douleur et le chagrin.

Le chaos l’a obligée à abandonner un état de spiritualité rempli de romantisme et à plonger profondément dans le chaudron de la transformation. Elle a exploré l’enfer de son psyché personnel.

Elle a pris pleinement conscience de son appartenance au TOUT mais aussi de ses propres singularités.

En dépit de toute cette souffrance engendrée par l’abandon derrière elle de ce qui était confortable et familier, elle est descendue afin de rencontrer sa soeur sombre et a été transformée par sa présence.

Maintenant elle se sait détentrice du don de renaissance. Le courant de la vie est reparti.

Elle regarde les grenades dans son jardin et décide qu’il est temps pour elle de les ramasser. Elle va en manger une tout à l’heure, et elle sait quelles en seront les conséquences.

 

L’homme qui court pieds nus


Je le vois tous les matins, sur la route qui mène à mon travail.

Quel que soit le temps. Beau soleil, pluie, neige.

Il court pieds nus.

C’est un vieux Monsieur. Ses vêtements de coureur professionnel ne laissent pas de doute sur le fait qu’il n’est pas un clochard.

 Il court sur le bord de la nationale.

Sur le bitume, les graviers. Dans l’herbe.

Il court vite, tout contre les voitures.

Le dessous de ses pieds est noir.

Il m’a stupéfiée quand il a courru pieds nus dans la neige. Je ne le comprends pas.

Pourquoi il s’inflige ça.

J’ai failli m’arrêter pour lui demander.

Je n’aime pas ne pas comprendre.

Ce matin il courait dans l’herbe et les fleurs.


J’ai toujours ton cœur avec moi

Je le garde dans mon cœur
Sans lui jamais je ne suis
Là ou je vais, tu vas…
Et tout ce que je fais par moi-même est ton fait…
Je ne crains pas le destin
Car tu es à jamais le mien
Je ne veux pas d’autre monde, car
Tu es mon monde, mon vrai…
Tu es tout ce que la lune a toujours voulu dire
Et tout ce que le soleil chantera
C’est le secret profond que nul ne connaît
C’est la racine de la racine
Le bourgeon du bourgeon
Et le ciel du ciel d’un arbre appelé vie
Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
Ou l’esprit le cacher…
C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
Je garde ton cœur
Je l’ai dans mon cœur.

***

E.E. Cummings (1894-1962) – 95 Poems (1958)


J’ai besoin que quelqu’un soit là, toujours avec moi, quelqu’un qui me prenne dans ses bras, qui m’enlace, qui me dise des mots doux, que ça va aller, qu’il me lâchera pas, qu’il me lâchera jamais. 

Quelqu’un qui m’aime entièrement, même quand je suis chiante, même quand je l’énerve, même quand je suis triste, pas maquillée, pas coiffée et super mal habillée. 

Quelqu’un qui m’aime pour ce que je suis, qui aime mon corps comme mon esprit, qui aime mon âme, mon cœur, tout.. 

J’ai besoin de quelqu’un qui m’aime vraiment.

Le texte du jour 


J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n’échangerais ma place contre aucune autre parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire.
Je trouve ça formidable qu’il y ait aussi des femmes qui aiment séduire, qui sachent séduire, d’autres se faire épouser, des qui sentent le sexe et d’autres le gâteau du goûter des enfants qui sortent de l’école. Formidable qu’il y en ait de très douces, d’autres épanouies dans leur féminité, qu’il y en ait de jeunes, très belles, d’autres coquettes et rayonnantes. Franchement, je suis bien contente pour toutes celles à qui les choses telles qu’elles sont conviennent. C’est dit sans la moindre ironie. Il se trouve simplement que je ne fais pas partie de celles-là. Bien sûr que je n’écrirais pas ce que j’écris si j’étais belle, belle à changer l’attitude de tous les hommes que je croise. C’est en tant que prolotte de la féminité que je parle, que j’ai parlé hier et que je recommence aujourd’hui. Quand j’étais au RMI, je ne ressentais aucune honte d’être exclue, juste de la colère. C’est la même en tant que femme : je ne ressens pas la moindre honte de ne pas être une super bonne meuf. En revanche, je suis verte de rage qu’en tant que fille qui intéresse peu les hommes, on cherche sans cesse à me faire savoir que je ne devrais même pas être là. On a toujours existé. Même s’il n’était pas question de nous dans les romans d’hommes, qui n’imaginent que des femmes avec qui ils voudraient coucher. On a toujours existé, on n’a jamais parlé. Même aujourd’hui que les femmes publient beaucoup de romans, on rencontre rarement de personnages féminins aux physiques ingrats ou médiocres, inaptes à aimer les hommes ou à s’en faire aimer/ Au contraire, les héroïnes contemporaines aiment les hommes, les rencontrent facilement, couchent avec eux en deux chapitres, elles jouissent en quatre lignes et elle aiment toutes le sexe. La figure de la looseuse de la féminité m’est plus que sympathique, elle m’est essentielle. Exactement comme la figure du looser social, économique ou politique. Je préfère ceux qui n’y arrivent pas pour la bonne et simple raison que je n’y arrive pas très bien, moi-même. Et que dans l’ensemble, l’humour et l’inventivité se situent plutôt de notre côté. Quand on n’a pas ce qu’il faut pour se la péter, on est souvent plus créatifs. Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille. Je suis ce genre de femme qu’on n’épouse pas, avec qui on ne fait pas d’enfant, je parle de ma place de femme toujours trop tout ce qu’elle est, trop agressive, trop bruyante, trop grosse, trop brutale, trop hirsute, trop virile, me dit-on. Ce sont pourtant mes qualités viriles qui font de moi autre chose qu’un cas social parmi les autres. Tout ce que j’aime de ma vie, tout ce qui m’a sauvée, je le dois à ma virilité. C’est donc ici en tant que femme inapte à attirer l’attention masculine, à satisfaire le désir masculin, et à me satisfaire d’une place à l’ombre que j’écris. C’est ici que j’écris, en tant que femme non séduisante, mais ambitieuse, attirée par l’argent que je gagne moi-même, attirée par le pouvoir, de faire et de refuser, attirée par la ville plutôt que par l’intérieur, toujours excitée par les expériences et incapable de me satisfaire du récit qu’on m’en fera. Je m’en tape de mettre la gaule à des hommes qui ne me font pas rêver. Il ne m’est jamais paru flagrant que les filles séduisantes s’éclataient tant que ça. Je me suis toujours sentie moche, je m’en accommode d’autant mieux que ça m’a sauvée d’une vie de merde à me coltiner des mecs gentils qui ne m’auraient jamais emmenée plus loin que la ligne bleue des Vosges. Je suis contente de moi, comme ça, plus désirante que désirable.
—   Virginie Despentes, King Kong Théorie

histoire de sortie


Je suis sortie avec un gars ce soir : cinglé de chez cinglé. 

M’a raconté le suicide de sa femme, 

puis comment il a tué et enterré ses chevaux. 

Puis comment il a découvert que son fils de 14 ans couchait avec sa fille de 8 ans.

 Qui dit mieux ?!!!! Pour un premier rencart ?

J’ai pris un fou rire d’anthologie.

Je me suis retrouvée avec du rimmel coulé plein la figure.  En larmes. De fou rire nerveux.

Car à moment donné c’est trop …

Et que franchement … Me suis tellement sentie être un aspirateur à taré que j’ai rigolé.

Quelqu’un connait un Exorciste ?

Je sais maintenant qu’on m’a lancé une malédiction pour que plus jamais je ne trouve l’amour.

Ça me paraît évident.

Déesse 


« Une Déesse est une femme qui émerge de ses profondeurs. C’est une femme qui a exploré honnêtement son côté sombre et a appris à célébrer sa Lumière.C’est une femme qui peut tomber amoureuse des magnifiques possibilités qui l’habitent…

C’est une femme qui connaît la Magie et les endroits Sacrés en elle, qui peuvent élever son âme.

C’est une femme qui émet de la Lumière, qui est magnétique, chacun peut sentir sa présence lorsqu’elle est dans une pièce.

Elle est forte et douce à la fois.

Elle a une énergie sexuelle puissante et a appris à maîtriser son pouvoir de séduction.

Elle adore son corps, elle est aérienne.

Elle chérit la beauté, la lumière et l’amour.

Elle est une mère pour tous les enfants.

Elle coule avec la Vie dans la grâce facile.

Elle peut guérir avec un regard ou avec sa main.

Elle est sensuelle et intrépidement érotique, et s’engage dans le sexe de façon à partager avec une autre Âme, le contact du Divin.

Elle est la compassion et la sagesse. Elle est le chercheur de Vérité et s’intéresse profondément à quelque chose de plus grand qu’elle.

C’est une femme qui sait que son but dans la vie est de s’élever avec l’Amour.

C’est une femme amoureuse de l’amour.

Elle sait que la Joie est son destin et qu’en l’embrassant et le partageant avec les autres, les blessures se guérissent.

C’est une femme qui est venue pour savoir que son partenaire est sensible, perdu et effrayé comme elle l’a été de temps à autres.

Elle est venue pour comprendre les cicatrices qu’il a, et sait que l’Amour qu’ils partageront ensemble pourra être le soulagement, la guérison de leurs blessures.

C’est une femme qui peut s’accepter comme elle est, et accepter les autres comme ils sont.

Elle est capable de se pardonner ses erreurs, et ne pas se sentir menacée même quand on l’attaque.

C’est une femme qui peut demander de l’aide quand elle en a besoin ou aider lorsqu’on lui en demande.

Elle respecte les frontières, les siennes et celles des autres.

Elle peut voir l’univers dans les yeux des autres.

Elle peut voir l’univers en Elle.

Elle peut voir l’univers dans chaque situation de la Vie.

C’est une femme qui prend ses responsabilités pour tout ce qu’elle crée dans sa vie.

C’est une femme qui est dans le soutien et le don, totalement.

C’est une Déesse. »
Source : inconnue

coupable