Archives Mensuelles: mai 2018

Good girl _ Bad girl


Je suis à 80% une gentille fille.

Mais il reste 20% de vilaine fille.

Et cette partie de moi, que je réussis à maîtriser la plupart du temps, fait parfois des sorties tonitruantes et décapantes.

En aucun cas je ne suis domesticable éventuellement apprivoisable, mais ce n’est pas garanti.

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J’étais baigné de sentiments infinis, tendres ;
J’étais bercé d’images vaporeuses, vagues ;
J’étais plus grand et plus fier tout à la fois.
J’aimais. ~

Gustave Flaubert
L’éducation sentimentale

Que restera-t-il ?


Que restera-t-il quand je ne serai plus

Hors de mon corps et éthérée

Quelques mots d’amour

Des photos, bouche rieuse, yeux tristes

Un coffret rempli de lettres, de poésie, de souvenirs énigmatiques

Des cailloux, empilés pour faire une maison, posés deci delà, gardés comme des trésors, en forme de cœur, en forme d’escargot, offert par un enfant,

De la musique chérie, chantée,

Mon enfant qui porte mon adn

Quelques amis, des grands, des petits, des lointains, quelques amants, quelques amoureux transits, hommes furtifs

Un petit espace temps de rien du tout perdu dans l’infini

Ni plus précieuse ni moins importante que qui que ce soit

Une simple goutte d’eau, unique et pourtant pareille aux autres

Que restera-t-il …

Révolution coquelicots


Tout recommencer


Il faut sans cesse tout recommencer, ouvrir les yeux, avaler quelque chose, se laver les pieds, se laver le cœur.

Il faut sans cesse tout recommencer, recoudre ses plaies, ses poches, renouer des liens, se nouer à d’autres, et puis : les égarer, les perdre, se perdre en eux et tout recommencer.

Faire la liste des courses, écrire des lettres d’amour, descendre l’escalier, sourire au jour, aux gens qui veulent bien, et puis pleurer et puis sécher ses cheveux et puis ses larmes.

Et tout recommencer : rire comme un fou, un éperdu, un orphelin devant la mer, un amoureux seul à son rendez-vous et puis crier toujours seul et en pyjama pour fêter une victoire sur soi-même ou la fin de l’orage ou le début du grand désert, une fois l’autre rhabillée et partie pour toujours.

Il faut sans cesse tout recommencer, renaître aux désirs, à la faim, à la soif, à la nudité du beau et puis retomber en plein vide, en plein abandon, se tordre le pied en marchant, en pensant à elle, et courir boiteux à la recherche d’un arbre contre lequel pisser ou se serrer joue contre joue pour lui confier son prénom et la couleur de ses cheveux.

Et tout recommencer, fermer les yeux, tanguer, vomir d’une belle cuite, s’endormir sous la douche, le cœur noyé et les chaussettes encore aux pieds.

Et puis partir bosser, encore une fois, faire le trajet, le rejet de ça mais le refaire quand même, la tête ailleurs pour oublier le rejet de ça, et puis à nouveau sourire aux gens qui veulent bien et puis demain tout recommencer.

Car sans cesse, oui sans cesse, il faut tout recommencer : ça fait plaisir à la vie…

– jacques dor