Archives Mensuelles: juillet 2017

J’ai tant rêvé de toi 


Très beau texte de la littérature française: Robert Desnos 

A lire…
J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.

Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant

et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chère?
J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.

Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.

O balances sentimentales.
J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute 

que je m’éveille.

Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences 

de la vie et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres 

que les premières lèvres et le premier front venus.
J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant, 

qu’à être fantôme parmi les fantômes 

et plus ombre cent fois que l’ombre qui se promène et se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.

Douceur


Joli week-end.

Me suis reconnectée à la douceur et à mon divin féminin.

Me suis faite aider.

Mes magiciennes m’ont entourée.

Ont nettoyé les salissures de l’âme.

Sourire.

Déméter gagne toujours.

Pensées et réflexions sur la charge mentale du « devoir conjugal ».


Hier j'ai expérimenté "in vivo" un moment de vie pénible et perturbant.
Un ami "homme" m'a invitée à dîner. Sa femme était partie en vacances dans sa famille. Il m'a appelée. Ça me faisait plaisir de le voir. On se connaît depuis 17 ans.
C'est un couple que j'apprécie beaucoup, ils ne m'ont pas lâchée après mon divorce.
J'ai mis une jolie robe. Il est passé me prendre et on a mangé hindou.
C'était plutôt chouette.
Je n'ai rien bu. Je sors d'une phase de fragilité en santé.
Il a pris trois ou quatre verres. Je n'ai pas fait attention.
J'ai conduit sa voiture au retour. Je lui ai offert un café chez moi, je ne voulais pas qu'il risque sa vie en conduisant avec une alcoolémie limite.
Parce que c'est mon ami. Un vieil ami fidèle. Un vieil ami sur qui on peut compter.
Jusqu'à hier.

Sur mon palier il m'a enlacée.
M'a retenu les mains, les bras.
À forcé ma bouche.
Et je disais "non, arrête". Stupéfaite.
"Mais je t'aime, je te veux, laisse toi faire."
"Non. Non. Arrête. Je ne veux pas arrête !!"

Je ne vais pas m'attarder. Sur les attouchements, la violence du contact, les habits arrachés.
J'ai réussi à le faire cesser. "Je ne suis pas consentante, c'est un viol. Tu me fais mal, tu me fais peur"…
Il est parti furieux. Le mot "viol" répété encore et encore a fini par arriver à son cerveau
Il m'a hurlé que je devais le remercier de se comporter comme un gentleman.

Je suis restée longtemps exsangue et bouleversée.
Culpabilisant de son agression.
Je le connais.
Je l'ai ramené chez moi.
Je n'ai pas dormi de la nuit.
Et puis j'ai senti monter en moi une colère énorme.
Énorme.
Un tsunami de rage contre ce masculin qui prend
Qui baise
Qui me voit comme un corps à disposition.
Qui s'attend à disposer de mon vagin contre 35€50 de restaurant
Et qu'on doit féliciter pour avoir réprimé son instinct de viol.
Pour qui "non" est une coquetterie pour se faire désirer
Qui Revendique de la baise parce qu'elle a invité à boire un café.
Parce qu'il l'aime. (Soit-disant).
Non c'est non.

Je suis folle de rage, oui
D'être une femme libre présumée être facile
Présumée être open-bar
Ils veulent que je courbe l'échine car ils ne sont pas capables de gérer leurs pulsions.
C'est à moi de sabrer mon énergie de femme, je dois me couvrir et baisser les yeux ?
Ils ne sont pas capables de se maîtriser ?

Ma sauvagerie est montée d'un cran.
Non je ne me laisserai pas faire
Jamais

Juste une mise au point


Ce matin, dimanche donc, j'ai été réveillée à 8h37 par un individu qui a eu mon numéro par une amie commune, et exigeait sur le champ une consultation juridique à propos du divorce (le sien à venir en l'occurrence).
Cet événement hautement barbare m'a mise en abîme une fois encore sur ce qu'est ma vie.
Actuellement une suite de dossiers qui s'empilent dans mon mental, ne laissant place à rien d'autre et certainement pas à de la détente.
Comme si ma mission sur terre n'était que de travailler.
Travailler gratuitement qui plus est.
Alors voilà.
J'ai décidé ce matin que ça suffisait.
Après tout il n'est jamais trop tard pour changer de vie.

J'ai pris un papier, un crayon.
Je me suis dit "qu'est-ce que je veux vraiment".
Et j'ai attendu.
Et rien n'est venu.
Voilà le premier problème.
J'ai cessé depuis très longtemps de désirer quoi que ce soit pour moi. Comme si c'était un tabou.

J'ai changé de question "qu'est-que j'aime faire ?"
Là j'ai eu quelques réponses. Fragiles et timides.
Des réponses qui n'osent se dire pour ne pas déranger …

Idem pour la question : "avec qui je suis bien ?"
Là ça va très vite : en ce moment personne.
100% de mon entourage m'a demandé plus que ce que je n'étais apte à donner ces six derniers mois.
On m'appelle essentiellement pour me demander des services. Souvent. Beaucoup. Je n'ai plus envie de répondre au téléphone.
Par contre les week-ends à Londres, les gîtes entre copains, les repas improvisés … là mon téléphone ne sonne pas.
Avant c'était moi qui étais l'hôtesse. Ma maison était toujours pleine de monde.
Personne n'a pris la suite.

On ne fait pas table rase de 48 ans de relations d'amitié, de sorrorité, de copinage. Je ne vais pas virer tout le monde. Mais prendre du recul.
Dire NON. Dire MERDE.
Dire que je souffre parfois et que j'ai besoin d'attention moi aussi.

Je vais réclamer. Je vais faire comme ces bébés oiseaux qui piaillent pour recevoir à manger. Les silencieux crèvent.

Alors changement.
Ceux qui me doivent de l'argent vont se débrouiller pour me le rendre. Moi aussi je tire la langue et moi aussi j'ai le droit de partir en vacances.
Je ne fais plus de cadeaux à ceux qui ne m'en font pas.
Je vais m'habituer à aller au cinéma toute seule
Je vais apprendre à voyager seule aussi. Donc prendre le temps de mettre mes papiers et passeport à jour.
Cette semaine je vais passer un appel téléphonique à tous mes amis. Et je vais essayer de démarrer une nouvelle histoire qui soit équilibrée.
Je vais me respecter et me faire respecter.
Je vais œuvrer pour ma joie.
MA joie.

Voilà ce que je veux vraiment. De la joie.

Au-delà


Artiste: Morcheeba
Chanson: Au-Dela

(feat. Manda)
Je vis, je meurs
Je vis, je pleure
Je vis de la mer
Je vis de la terre
Je le dis aux fleurs
Au lac de vapeur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon coeur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon cœur
Je vis, j’ai peur
Je crie de douleurs
En secret je m’enterre
Je cherche la chaleur
Je m’enfuis dans les airs
Au delà de la terre
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon coeur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon cœur
Au ciel de toutes les couleurs
Ton soleil réchauffe mon coeur
Ton soleil réchauffe mon coeur
 
(31 mars 2008)

Être ou ne pas être.


C'est curieux cette vie qui tourne en rond.
Rien ne change et rien n'est neuf.
Les échecs se ressemblent.
Ce qui change c'est le temps qui passe, ce sont les cheveux blancs et les rides. Les petites ou grosses maladies.
Sans doute aussi la sensation d'être passée à côté du bon chemin.
Les expériences laissent des traces qui font de moins en moins mal.
Est-il sage d'accepter un destin médiocre ? A-t'on le choix en réalité ?
Laisser tomber la course à l'amour, au bonheur, à la grandeur.
Juste être. C'est déjà ça.
Rester en vie.
Essayer de ne pas couler. Ne plus se plaindre.
Se laisser aller à la contemplation.
Chercher le beau.
Se taire.
Oui, surtout se taire.

Alive


Je suis toujours en vie.
Pas en bonne forme, mais en vie.
Baisers.