Archives Mensuelles: avril 2017

Cassandre


Je suis médium. Pour de vrai.

Et ça c’est franchement une malédiction. Je n’ai rien demandé. C’est à peine si je crois en moi. Quand je pense à tous les charlatans qui font semblant d’être « médium » pour soutirer de l’argent aux désespérés ça me laisse consternée.

Être médium c’est la merde. Personne n’a envie d’être ça. C’est juste abominable. Vous êtes en train de papoter et PAF vous voilà en train de sortir des trucs horribles en plein milieu de la conversation.

Et les gens après vous fuient. Ou vous collent comme de la glu.

Vous êtes trop bizarre et vous savez des trucs.

Les gens ça les rend dingues​. Soit ils veulent vous cramer sur un bucher, soit ils veulent tout le temps que vous leur disiez des trucs. « Dis moi ce qui va m’arriver ».

Vous avez un rendez vous avec un mec, avec un espoir réel de lui plaire et PAF vous voilà en train de lui passer des messages de sa mère morte et il pleure comme un bébé en plein resto et vous n’entendez plus jamais parler de lui après. Et hop encore seule. Seule. Seule.

Ça vient quand ça veut. Sans prévenir. Ça prend beaucoup de place. Y’a des gens louches qui vous tournent autour.  Dire l’avenir ça intéresse plein de monde. Et vous … Ben vous voyez rien pour vous. Et vous trouvez que vous avez une vie de merde. Sans amour. Sans joie. Et vous vous en foutez grave des élections, des gens de pouvoir soit disant, ou connards qui se croient au dessus et veulent se servir de vous pour asservir les foules.

Et vous voyez quand les gens vont mourir.

Ou quand ils vont être malades.

Parce que la plupart des gens ne sont pas intéressants. Vous allez juste leur dire que la vie est brève et qu’il faut profiter de chaque atome de joie.

Et moi dans tout ce merdier ?

J’ai même pas envie de vivre la plupart du temps. Tellement tout ça est absurde. Et tout le monde s’en fout. Et ils viennent me demander des trucs sur leur avenir.  Et ça me vide de mon envie de vivre.

Alors MERDE je ne veux pas être médium, ce n’est pas mon choix. Je hais hais cette fonction.

Alors arrêtez de me foutre en l’air avec ça.

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Allongée sous le cerisier



En vérité, le poète, le vrai poète, possède l’art du funambule. Ecrire, c’est avancer mot à mot sur un fil de beauté, le fil d’un poème, d’une oeuvre, d’une histoire couchée sur un papier de soie. Ecrire, c’est avancer pas à pas, page après page, sur le chemin du livre. 
Maxence Fermine


« Si tu aimes écrire … et seuls les saints savent pourquoi, il te faut absolument maîtriser :

Connaissance, Art et Magie

– La Connaissance de la mélodie des mots,

– L’ Art d’être sans artifice 

– Et La Magie d’aimer ceux qui te liront.

K. Gibran « 

Le temps des révélations 


Faire un After work pour l’anniversaire d’une collègue.

Voir la soirée partir en cacahuète.

Être la seule sobre (je conduis).

Devoir éponger les larmes de son patron complètement bourré qui me fait des déclarations d’amour.

Devoir aider la standardiste à aller faire pipi car elle n’y arrive pas seule.

Éviter de se faire galocher par dans les toilettes.

Danser avec un ambassadeur de deux mètres d’un pays africain ramené par ladite standardiste qui parle à tout le monde. Et une libanaise lesbienne. Invités surprises qui croient qu’ils vont être conviés à une partouze.

Dire la bonne aventure à la stagiaire, surveiller la stagiaire, empêcher qu’elle disparaisse, et la ramener chez elle saine et sauve.

Ramener le patron qui manifestement m’aime (litanie « je t’aime, je t’aime, je t’aime ») en l’empêchant de me peloter, réaliser que c’est juste un gosse timide et attachant. Le découvrir en tant qu’homme. Le ramener en premier, car la standardiste qui l’aime en secret fait tout ce qu’il faut pour ne pas me laisser seule avec lui.

Faire la route de nuit, après avoir veillé à ce que tout le monde soit sain et sauf. Se coucher à 2h et demi.

Et là … 7h40. Partir au boulot. Et se demander comment ça va se passer.

Ça n’est rien …


J’avais sûrement raison. 

Nous deux c’était que dans ma tête. 

J’ai inventé nos promesses, j’ai rêvé nos souvenirs, c’était juste pas réel. 

Un miracle n’aurait jamais pu se produire alors t’as eu raison de partir, de fuir tout ça parce que “tout ça” c’était rien et que “rien” ça en vaudra jamais la peine. 

Alors quel intérêt de dire au revoir à quelqu’un qui l’a déjà fait y’a des années ? 


On les appelle “charnelles » ces personnes qui donnent tout émotionnellement, âme, cœur, corps et esprit. Celles qui, une fois entrées dans ta vie te changent entièrement, celles qu’on écoute au-delà de la peau, jusqu’à l’intérieur de l’os, celles qui de la passion en font une raison, celles dont si tu tombais amoureux, eh bien, il faut d’abord en trouver ! Seulement après cela, tu me comprendras.

Fernando Pessoa