Archives Mensuelles: mars 2017

L’homme qui court pieds nus


Je le vois tous les matins, sur la route qui mène à mon travail.

Quel que soit le temps. Beau soleil, pluie, neige.

Il court pieds nus.

C’est un vieux Monsieur. Ses vêtements de coureur professionnel ne laissent pas de doute sur le fait qu’il n’est pas un clochard.

 Il court sur le bord de la nationale.

Sur le bitume, les graviers. Dans l’herbe.

Il court vite, tout contre les voitures.

Le dessous de ses pieds est noir.

Il m’a stupéfiée quand il a courru pieds nus dans la neige. Je ne le comprends pas.

Pourquoi il s’inflige ça.

J’ai failli m’arrêter pour lui demander.

Je n’aime pas ne pas comprendre.

Ce matin il courait dans l’herbe et les fleurs.

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J’ai toujours ton cœur avec moi

Je le garde dans mon cœur
Sans lui jamais je ne suis
Là ou je vais, tu vas…
Et tout ce que je fais par moi-même est ton fait…
Je ne crains pas le destin
Car tu es à jamais le mien
Je ne veux pas d’autre monde, car
Tu es mon monde, mon vrai…
Tu es tout ce que la lune a toujours voulu dire
Et tout ce que le soleil chantera
C’est le secret profond que nul ne connaît
C’est la racine de la racine
Le bourgeon du bourgeon
Et le ciel du ciel d’un arbre appelé vie
Qui croît plus haut que l’âme ne saurait l’espérer
Ou l’esprit le cacher…
C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.
Je garde ton cœur
Je l’ai dans mon cœur.

***

E.E. Cummings (1894-1962) – 95 Poems (1958)


J’ai besoin que quelqu’un soit là, toujours avec moi, quelqu’un qui me prenne dans ses bras, qui m’enlace, qui me dise des mots doux, que ça va aller, qu’il me lâchera pas, qu’il me lâchera jamais. 

Quelqu’un qui m’aime entièrement, même quand je suis chiante, même quand je l’énerve, même quand je suis triste, pas maquillée, pas coiffée et super mal habillée. 

Quelqu’un qui m’aime pour ce que je suis, qui aime mon corps comme mon esprit, qui aime mon âme, mon cœur, tout.. 

J’ai besoin de quelqu’un qui m’aime vraiment.

Le texte du jour 


J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n’échangerais ma place contre aucune autre parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire.
Je trouve ça formidable qu’il y ait aussi des femmes qui aiment séduire, qui sachent séduire, d’autres se faire épouser, des qui sentent le sexe et d’autres le gâteau du goûter des enfants qui sortent de l’école. Formidable qu’il y en ait de très douces, d’autres épanouies dans leur féminité, qu’il y en ait de jeunes, très belles, d’autres coquettes et rayonnantes. Franchement, je suis bien contente pour toutes celles à qui les choses telles qu’elles sont conviennent. C’est dit sans la moindre ironie. Il se trouve simplement que je ne fais pas partie de celles-là. Bien sûr que je n’écrirais pas ce que j’écris si j’étais belle, belle à changer l’attitude de tous les hommes que je croise. C’est en tant que prolotte de la féminité que je parle, que j’ai parlé hier et que je recommence aujourd’hui. Quand j’étais au RMI, je ne ressentais aucune honte d’être exclue, juste de la colère. C’est la même en tant que femme : je ne ressens pas la moindre honte de ne pas être une super bonne meuf. En revanche, je suis verte de rage qu’en tant que fille qui intéresse peu les hommes, on cherche sans cesse à me faire savoir que je ne devrais même pas être là. On a toujours existé. Même s’il n’était pas question de nous dans les romans d’hommes, qui n’imaginent que des femmes avec qui ils voudraient coucher. On a toujours existé, on n’a jamais parlé. Même aujourd’hui que les femmes publient beaucoup de romans, on rencontre rarement de personnages féminins aux physiques ingrats ou médiocres, inaptes à aimer les hommes ou à s’en faire aimer/ Au contraire, les héroïnes contemporaines aiment les hommes, les rencontrent facilement, couchent avec eux en deux chapitres, elles jouissent en quatre lignes et elle aiment toutes le sexe. La figure de la looseuse de la féminité m’est plus que sympathique, elle m’est essentielle. Exactement comme la figure du looser social, économique ou politique. Je préfère ceux qui n’y arrivent pas pour la bonne et simple raison que je n’y arrive pas très bien, moi-même. Et que dans l’ensemble, l’humour et l’inventivité se situent plutôt de notre côté. Quand on n’a pas ce qu’il faut pour se la péter, on est souvent plus créatifs. Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille. Je suis ce genre de femme qu’on n’épouse pas, avec qui on ne fait pas d’enfant, je parle de ma place de femme toujours trop tout ce qu’elle est, trop agressive, trop bruyante, trop grosse, trop brutale, trop hirsute, trop virile, me dit-on. Ce sont pourtant mes qualités viriles qui font de moi autre chose qu’un cas social parmi les autres. Tout ce que j’aime de ma vie, tout ce qui m’a sauvée, je le dois à ma virilité. C’est donc ici en tant que femme inapte à attirer l’attention masculine, à satisfaire le désir masculin, et à me satisfaire d’une place à l’ombre que j’écris. C’est ici que j’écris, en tant que femme non séduisante, mais ambitieuse, attirée par l’argent que je gagne moi-même, attirée par le pouvoir, de faire et de refuser, attirée par la ville plutôt que par l’intérieur, toujours excitée par les expériences et incapable de me satisfaire du récit qu’on m’en fera. Je m’en tape de mettre la gaule à des hommes qui ne me font pas rêver. Il ne m’est jamais paru flagrant que les filles séduisantes s’éclataient tant que ça. Je me suis toujours sentie moche, je m’en accommode d’autant mieux que ça m’a sauvée d’une vie de merde à me coltiner des mecs gentils qui ne m’auraient jamais emmenée plus loin que la ligne bleue des Vosges. Je suis contente de moi, comme ça, plus désirante que désirable.
—   Virginie Despentes, King Kong Théorie

histoire de sortie


Je suis sortie avec un gars ce soir : cinglé de chez cinglé. 

M’a raconté le suicide de sa femme, 

puis comment il a tué et enterré ses chevaux. 

Puis comment il a découvert que son fils de 14 ans couchait avec sa fille de 8 ans.

 Qui dit mieux ?!!!! Pour un premier rencart ?

J’ai pris un fou rire d’anthologie.

Je me suis retrouvée avec du rimmel coulé plein la figure.  En larmes. De fou rire nerveux.

Car à moment donné c’est trop …

Et que franchement … Me suis tellement sentie être un aspirateur à taré que j’ai rigolé.

Quelqu’un connait un Exorciste ?

Je sais maintenant qu’on m’a lancé une malédiction pour que plus jamais je ne trouve l’amour.

Ça me paraît évident.