Archives Mensuelles: mai 2015

J’y vois.


Rien de miraculeux à vrai dire au fait d’y voir. J’ai juste consulté un ophtalmo (qui m’a exprimé à quel point j’étais bizarre, car ça n’existe pas de devenir myope après 40 ans et trois fois plus myope à 45 et d’avoir 14/10èmes à chaque œil avec la correction) ; 

et ensuite j’ai vu l’opticien (qui nous a vu arriver, ma carte bleue et moi).

Donc j’ai mis sur mon nez mes nouvelles lunettes et là d’un coup tout est devenu tellement clair que j’ai eu envie de vomir.

Le contraste avec/sans lunettes m’a donné le tournis.

Oh je vais m’y faire et cesser d’utiliser mes lunettes comme serre tête.

Mais mon flou artiste à la Hamilton était finalement confortable.

  

  

Salade bio


    

Chroniques de l’ordinaire : tata Yvette 


Aujourd’hui je suis allée voir ma tante Yvette.

Depuis son veuvage elle vit en maison de retraite.

Elle était confortablement installée dans un fauteuil médical. Elle faisait des mots croisés. Comme toujours.

Dans ma famille paternelle on « part » de la tête. Centenaire certes, mais complètement cramé du cerveau. 

Yvette était une grosse tête, institutrice et directrice d’école après la guerre, mariée à un militaire haut gradé de la marine nationale, mère de cinq enfants. Une femme forte, belle, savante.

C’est la grande sœur de mon papa. Elle aura 88 ans en juillet.

Arrivée dans sa chambre-studio, j’ai trouvé une petite chose, au corps infiniment maigre, réduit à son expression minimale.

Elle m’a souris timidement : « c’est qui ? »

Ça m’a fait mal au cœur. Je sais que j’étais sa nièce préférée.

Je suis restée une heure et demi. Elle m’a remerciée vivement mille fois de cette visite, elle m’a demandé mille fois qui j’étais. Elle m’a mille fois expliqué qu’elle perdait la mémoire. Elle m’a demandé de lui raconter qui elle était. 

Alors j’ai raconté. J’ai romancé, j’ai embelli. J’ai détaillé à Yvette tous nos souvenirs communs. Les rires, les vacances à Toulon, la cave avec les bandes dessinées, le Mont Faron, le gâteau de pommes de terres, l’oranger sur la terrasse, les cousins qui jouent de la guitare près du feu de camp.

Tata faisait répéter. Ses yeux brillaient. Elle ressemblait à une petite fille dans le corps d’une vieillarde.

Et de temps en temps elle me coupait : « je vous connais ? Ça me fait bien plaisir de vous voir. »

Alors j’expliquais à nouveau. On riait ensemble de sa mémoire envolée et je lui disais que ça n’était pas grave, que j’allais me rappeler pour nous deux.

Elle était très triste de me voir partir. Oh pas pour longtemps, sa mémoire de poisson rouge m’a effacée à peine étais-je au bout du couloir.

J’ai sangloté dans ma voiture sur le parking. 

A cause d’elle (pour elle), du temps qui est passé, de papa qui prend le même chemin, et sûrement moi aussi. 

Mes fifilles


Voilà.

J’ai trois essaims !

C’est parti ! Au boulot les filles.

  

Je suis un cœur coquelicot


          

Bonheur simple


  

Nouveau mot : paréidolie


je l’ai appris aujourd’hui et il m’enchante.

   
             

Fête des mères 


 
Moi je commande un bûcheron qui chante, me masse les pieds (et plus si affinités), bien entendu il a ouvert une bouteille de bon vin (rouge) et prépare le repas. 

C’est pas obligé mais si le ménage est fait c’est encore mieux.

Et qu’il me laisse dormir (la toupie cochonne ça attendra 24h).

Bien sûr pas d’enfants dans les parages.

Par contre la télé non merci.

C’est clair ?

(RE)découverte 


Etant obligée de faire du sport, je réinvestis mon quartier à petits pas lourds, jogging ou marche rapide, et découvre ce petit village avec beaucoup d’étonnement.

Toutes les vieilles maisons ont été retapées, les immeubles réaménagés, les rues nettoyées de leurs immondices et des tags outranciers. Plus de junkys ou de clodos bourrés dans les caniveaux. 

De nouvelles boutiques ont ouvert dans les anciennes échoppes. Épicerie bio, brocante qui donne une nouvelle vie aux objets, boulangerie traditionnelle, kebab à côté d’un végétarien. En face pizzeria et japonais. Fringues babas cool hors de prix, bijoux fantaisies, chapeaux, sacs à franges.

Mon amie My m’a expliqué que tout cela résulte de l’avancée inexorable des « bo-bo » (bourgeois bohèmes). Ils se sont mis massivement à racheter les vieilles maisons et à les retaper. Le quartier est à eux. Ils se déplacent à pied ou en vélo, ils ont plein d’associations culturelles, sportives et humanitaires. Ils sont à la fois très snobs et très communautaires. Ils mangent des trucs bizarres, du tofu et de l’orge germé et s’enfilent du whisky vintage pour digérer. J’étais en jogging et baskets et on m’a regardée de travers : je faisais tâche. Ça c’est l’histoire de toute ma vie, je ne fais partie d’aucun groupe.

Le quartier est proche du centre ville, tout en restant un cocon confortable, demeuré longtemps inaccessible aux promoteurs et spéculateurs. Actuellement le prix au mètre carré est devenu inabordable. 

Beaucoup de maisons ont même un jardinet et un puits. Ainsi j’ai découvert une délicieuse boutique : les propriétaires retapent des objets trouvés, jetés, cassés et les rendent beaux. Outre la vente d’objets hétéroclites, ils ont ouvert leur jardin minuscule pour en faire un lieu de restauration absolument adorable.

On peut y boire le thé en dégustant un croustillant poire chocolat (snif, pas pour moi) ou des salades généreuses, en écoutant un vinyle de B.B.King (et oui). Tout est à vendre, les tables, chaises, bougeoirs, cadres, verres, … Tout est dépareillé mais joliment arrangé. 

J’adore cet endroit. 

 

 
  

La prochaine fois que j’y vais j’obéirai au code vestimentaire.

  

La faim


Le docteur a été catégorique : il faut que je change complètement de vie, régime draconien et sport. 

Mon cœur et moi devons assimiler l’idée de notre potentielle fin un peu trop prématurée et donc nous voilà confrontés à une crise majeure.

Donc finis les joyeux débordements culinaires, les fêtes chargées de gras, de sucre, de sel et d’alcool.

A moi les carottes vapeur et le blanc de dinde et mon heure quotidienne de marche rapide.

Depuis une semaine j’ai tout le temps faim.

C’est fou comme ça me prend la tête. 

Je compte les calories. Glucides protéines lipides.

Adieu ma gourmandise, c’est pour de bon cette fois. Ce n’est pas juste pour l’esthétique des bourrelets.

Il va falloir que mes papilles jouissent des choses simples qui ne m’abiment pas. Vive les haricots verts, la salade, le brocoli et les pommes. 

Fini les quiches, le gruyère râpé, les gratins ou lasagnes, les plateaux de fromage avec plein de pain et un verre de rouge, les gâteaux beurre chocolat, les pâtes carbonara, les cotes de bœuf sauce au poivre, les merguez, le jambon cru, les m&m’s, croissants chauds, pizzas, les frittes …. J’en salive. La liste des interdits est interminable.

Les plaisirs de bouche m’étant devenus dangereux il va falloir que je trouve une autre source de joie.

Mais là j’ai faim et ça fait un peu mal.