Une histoire qui fait mal

Je ne peux plus regarder la télévision.
Il y a trop d’événements qui me traumatisent, éveillent de vieilles mémoires et des blessures mal cicatrisées.
Je suis au bord de la nausée trop souvent ces derniers jours.
Bien sûr il y a l’actualité de cette guerre de religion frelatée qui cache une guerre de pouvoir, de matières premières et de territoires.
Mais ce qui me traumatise totalement, c’est ce monde où un homme politique important, en France, estime qu’il ne doit pas être condamné pour avoir violé une femme, vu qu’il l’a payée, que c’est juste une pute (elle n’avait donc pas le droit de dire non), il a tous les droits sur son corps et il la sodomise, même s’il faut deux hommes pour la tenir,
c’est cette jeune fille kurde violée et brûlée en Turquie,
c’est des millions de petites filles excisées parce qu’un religieux a décrété que le clitoris c’est impur
c’est les nigérianes kidnappées et violées,
les syriennes violées,
les indiennes violées,
Les haïtiennes violées,
des jeunes filles que l’on oblige à se prostituer.
Partout.
Le crime universel contre les femmes qui fait toute la différence entre une humanité évoluée et une humanité barbare.
Et ce con de livre-film qui montre que le plaisir féminin passe par des coups de cravache.
C’est presque normal.

Après tout ce sont des hommes qui détiennent le pouvoir, qui font les lois et qui sont les violeurs.
Ce sont les hommes qui font vivre la prostitution en « consommant » du sexe.
Accepteraient-ils que leur mère, leur sœur, leur fille, soient traitées ainsi.
Imaginent-ils que quand ces femmes étaient des petites filles elles rêvaient d’être putes ? D’être pénétrées dans tous leurs orifices tous les jours par des dizaines d’hommes ? Qu’elles sont reconnaissantes du « touche pas à ma pute » ??? Le mythe de la nympho qui adore ça ou de la pute au grand cœur ….
C’est à gerber.

Un viol c’est l’assouvissement d’un désir sexuel. Une petite pulsion de rien du tout.
Ça dure quelques minutes pour un homme.
Le temps d’une éjaculation.
Mais ça salit la femme pour toujours. Ça la démolit.
Ça laisse une trace définitive, une peur du masculin qui ne disparaît jamais totalement.
L’extinction du potentiel de désir et de plaisir, de la confiance.
On a une peur ancrée dans le ventre chaque fois que l’on rentre un peu tard le soir, que l’on est seule dans un parking.
Toute sortie, tout rendez-vous avec un homme fait l’objet d’une réflexion, d’hésitations. Ça tourne dans la tête.
On ne perd jamais de vue l’idée de l’agression.
On doit être courageuse plus qu’audacieuse.
Et quand on laisse un homme entrer dans l’intimité de notre chambre, on se demande s’il acceptera un « non » en cours de route,
On se demande s’il est déviant ou pervers. Qu’est-ce qu’il va demander.
On a peur de le présenter à notre enfant fille. Parce qu’elle est jolie et que les hommes la regardent avec de plus en plus d’insistance.
Chaque jour, il y a une situation qui réveille la méfiance et la crainte.
Et chaque jour il faut se dresser contre cette méfiance et cette crainte. Il faut lutter.
Lutter pour aimer quand même, pour voir que les hommes sont aussi bons, grands et doux. Qu’ils ont aussi vocation à prendre soin de la femme et à la protéger.
Que l’amour c’est bon.
Que toutes ces horreurs à la télé c’est tout le contraire de l’homme.

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À propos de angelenemus

Artisan du MERVEILLEUR (à la recherche du MERVEILLEUX, en qualité de VEILLEUR, pour vivre le MEILLEUR)

Publié le 16 février 2015, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. « Il est difficile pour une femme de définir ses sentiments dans une langue principalement faite par les hommes pour exprimer les leurs. » – Far From The Madding Crowd, Thomas Hardy
    Voilà ce à quoi ta publication me fait penser;

  2. Sinon, dans la vraie vie, il y a des gens gentils et simples. Mais ils ne s’avèrent pas suffisamments spectaculaires pour passer à la télé. Ca refroidit sur le front ?

  3. Un texte-cri, comme tu sais nous en servir parfois. Je suis homme, mais aussi père d’une fille qui est pour moi un tabernacle. L’idée que l’on pourrait lui manquer de respect, simplement en paroles, me rend furieux. Alors un viol, je crois que je serais capable, là, moi aussi, du pire…

  4. La maltraitance des femmes avance à grand pas. C’est insidieux.

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