Histoire de photographe amateur

Depuis que le numérique existe tout le monde peut faire des photos.
C’est l’art le plus populaire qui soit.
Si tu as un téléphone portable tu peux faire des photos.
Certaines personnes sont très douées d’ailleurs.

Je fais des photos depuis toute petite.
Essentiellement des gens qui m’entourent.
Je ne suis pas douée.
Vraiment sans fausse modestie.

Il y a trente ans ça coûtait cher : les pellicules permettaient au maximum une trentaine de pauses et il fallait les faire développer.

Je continue à les faire développer, pour certaines.
J’aime bien avoir mes photos sous les yeux.

La semaine dernière j’ai amené un album complet à maman.
J’ai numérisé de très vieux clichés et les ai regroupés dans un livre album.
Elle a été très émue, ne se rappelant absolument pas de la plupart des moments matérialisés sous ses yeux.
Ça raconte l’histoire de la famille, il y a les morts qui côtoient des bébés,
Les bébés grandissent, rient, font des grimaces, se déguisent, mangent des cerises, ouvrent des paquets cadeaux après avoir soufflé des bougies.
Les morts disparaissent.
Y’en a qui se marient.
Il y a de nouveaux bébés.
Etc etc.
C’est plutôt souriant : on photographie les sourires, jamais les larmes.

Il y avait une chose très frappante dans cet album.
Que personne n’a remarqué.
Je ne suis jamais sur les photos. Normal me direz-vous : on ne peut pas tenir l’appareil et être sur la photo.
J’observe sans en faire partie.
Ça me résume bien. Celle qui est invisible.
Le livre d’histoire de ma famille, et que j’ai créé, m’est étranger.

Maintenant je fais des selfies.
J’observe mon image qui change.
J’aurais bien aimé avoir des photos de moi jeune.
Tant pis.

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À propos de angelenemus

Artisan du MERVEILLEUR (à la recherche du MERVEILLEUX, en qualité de VEILLEUR, pour vivre le MEILLEUR)

Publié le 17 novembre 2014, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Une vieille tante de mon mari a retranscrit toutes les lettres familiales à partir de 1900 environ. C’est maintenant facile à lire : un véritable témoignage de l’époque. Des lettres envoyées depuis les tranchées pendant la guerre de 14-18 (on ne voulait surtout pas inquiéter sa mère… en disant que tout allait bien). A ces époques là, c’était aussi les parents qui choisissait les futurs conjoints pour leurs fils. Du moins dans cette famille. C’est passionnant. Je ne me souviens plus si cette tante a ajouté des photos anciennes dans son livre. Il faudrait que je vérifie. Sans doute.

  2. L’avantage des technologies … parfois. Combien nombreuses sont les photographies que j’aurais pu prendre pour garder une trace.

    Mais parfois la rareté d’un cliché offre plus à la mémoire …

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