Archives Mensuelles: septembre 2014

Histoire de survivalisme


Je vis à Montpellier.

Si vous êtes connectés un tant soit peu, vous savez forcément que la ville a été recouverte par les eaux.

Hier a été une journée étrange et angoissante. J’ai eu une prise de conscience violente.

Je n’entre pas dans les détails de l’alerte rouge donnée trop tard (ha c’est rouge Mr le préfet? merci de me prévenir, justement là tout de suite je marche dans soixante centimètres d’eau pour aller au collège récupérer ma fille, il y a des centaines de voitures dans les rues, bloquées, dont certaines flottent … et dans cette eau marron il ne manque que les piranhas pour se sentir vraiment en situation).

Bref, quand j’ai réussi à réintégrer mon appartement (quasi à la nage, c’était complètement insensé, dangereux, stupide, mais quand il s’agit de ma fille je suis instinctive et pas raisonnée), je l’ai retrouvé (mon appartement) sans eau ni électricité.

Je ne suis pas du tout alarmiste.

Donc je ne suis absolument pas équipée pour faire face à une situation de crise : pas de réserve d’eau (il me restait 2 bouteilles d’eau minérale), pas de réchaud gaz pour préparer du chaud, peu de nourriture ne nécessitant pas un minimum de préparation « électrique ».

L’électricité a été rétablie dans la soirée, mais pas l’eau. Elle vient juste de revenir, soit plus de 20 heures sans.

Ca fait cogiter.

D’abord sur l’instant présent : je vais cet après midi dans un super marché spécial camping, prendre un gérikan ou deux et quelques ustensiles, de la nourriture, bougies et piles.

Mais aussi pour le futur proche : je suis en plein projet de construction dans la montagne. Je vais intégrer un récupérateur d’eau de pluie, aménager la source et prévoir des panneaux solaires sur le toit. ENERGIE ET EAU.

Les phénomènes météo vont en s’amplifiant.

Je vais imaginer le pire et m’y préparer. Adopter une philosophie de vie un peu plus « survivaliste ».

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Hier j’étais là à 14h50.

Alerte rouge donnée à 15h25.

Trop tard.

On ne peut pas compter sur les pouvoirs publics.

On ne peut compter que sur soi.

Hep, toi là !


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Aujourd’hui


Je vis intensément mon instant présent.
Je ne fais pas de choses extraordinaires.
Je rêve beaucoup éveillée.
Je ramasse des galets à la plage et des bouts de bois flotté pour peut être en faire quelque chose
Je me lève tôt et me couche tard, j’ai envie de ralentir le temps.
Je commence une chose, la laisse tomber pour en faire une autre.
J’écris un mot, deux, cent. Je les efface.
Je suis silencieuse.
Sans projet.
Est-ce-que je souris ? Est-ce que les autres existent encore pour moi ?
Je vis intensément mon moment présent.

La vie a changé.

Et moi … Ai-je changé ou suis-je retournée à mon être ?

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Instantané


La nuit va être longue.
Il pleut des trombes.
J’ai peur.

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Histoire de mère au foyer


Neuf jours que je suis une mère au foyer.
Juste ça.
Je ne travaille plus.
Avant j’étais notaire, mais ça c’était avant (pardon j’aurais pu vous épargner celle ci).
Avant notaire j’ai été boulangère, et encore avant, femme de ménage.
Mère au foyer je ne connaissais pas.
Ou plutôt je le faisais à tiers temps, cumulé avec employée modèle et épouse parfaite (presque).

C’est étrange cette modification gigantesque de mon emploi du temps.
Je ne cours plus.

C’est officiel : j’ai divorcé, vendu ma maison, arrêté mon travail.
Ou pour résumer :
J’ai pas de mec, pas de boulot, pas de maison.
Peut-on faire plus libre et plus dans la merde que ça ?

La réalité c’est que je suis déstructurée.
Rien pour me raccrocher. Plus d’emploi du temps, plus de projets.
C’est si étrange pour moi.
Je n’ai jamais cessé de bosser depuis mes 14 ans. Ça fait donc 31 ans que je cours.

Rester sans projet est contre nature pour moi.
Pourtant il le faut.
Transition.
Remettre tous les compteurs à zéro.
Reset.