Ballade italienne

Ça y est j’ai réussi à partir.
Montpellier, Gènes, Plaisance, Parme, Bologne, Florence, Pise, Montpellier.
Des émotions très diverses.

Déjà c’est pour moi une aventure de partir en camping-car avec une copine et son fils (promiscuité intense pendant une semaine), de conduire en Italie un engin de près de 7m, de trouver où le garer le jour, ou se placer la nuit, où faire le plein d’eau et les vidanges diverses.
J’ai toujours trouvé ce type de voyage très bof (beauf) mais je dois reconnaître que le rapport qualité prix est incomparable.
Ma fille adore. Elle rechigne même à sortir de sa maison miniature pour visiter le pays.
Nous sommes novices en la matière. Nous apprenons tout sur le tas.
Ça me laisse songeuse quand je vois les autres « campers » installer leur matériel en moins de dix minutes et être capables de faire une garden party au milieu de nulle part.
Nous on est bordéliques. On n’a aucun accessoire de camping. On est partis avec nos valises de fringues et on a dû s’arrêter le premier jour pour acheter de la vaisselle.

Très curieusement sans avoir jamais appris à parler italien, je me suis rapidement familiarisée avec la langue. En mélangeant le français, l’espagnol et le latin. Une marchande de glace m’a même dit que j’avais l’accent Vénitien ce qui est plutôt drôle.

Mon image d’Epinal a explosé dès l’arrivée à Gènes : très clairement j’ai détesté la saleté, le bruit, les odeurs.
Le rêve italien incarné dans le cinéma Hollywoodien (genre le film « mange, prie, aime) est complètement décalé.
La ville grouille, les gens gueulent, il y a des Vespa et deux roues partout qui font un bruit d’enfer (moteurs trafiqués et Klaxons pour te virer de leur route). Tout ça dégage des fumées d’échappement étouffantes. Les hommes pissent (virilement) dans tous les recoins et tout baigne dans leur urine, les italiennes très belles et stylées (talons aiguilles vertigineux, maquillage plâtre et téléphone incrusté dans l’oreille) m’ont toisée avec un mépris total (avec ma panoplie de touriste je ne suis pas spécialement glamour).
Obnubilée par l’agressivité générale, stressée pour ma fillette, je n’ai que peu profité de ma première ville italienne.
Gènes – ou plutôt Genova – m’a mise au tapis.
Toute cette beauté en ruine et toute cette laideur moderne accolées, c’était une entrée en matière brutale.
Saisissant.

Heureusement Plaisance – Piacenza – et sa douceur délicate m’ont réconfortée.
Là les gens flânent.
Exactement l’idée que l’on se fait de la dolce vita.
Idem pour Parme – Parma – et Bologne – Bologna – que j’ai particulièrement adorée.
Cette dernière ville dégustée de nuit, dorée de ses éclairages.

Via la Toscane, par la route des lacs et des châteaux.
Délicieuse promenade.
Avec quelques arrêts culinaires pour acheter du vinaigre, du jambon, du limoncello et quelques autres gourmandises.

C’est avec quelques inquiétudes que j’ai abordé Florence.
Florence je l’ai rêvée.
Elle ne s’est pas laissée conquérir.
Arrivés sur place à 17 h nous n’avons pu que constater que tous les monuments étaient déjà fermés.
Nous avons tout de même lézardé dans toutes les jolies rues du centre où tu ne sais où regarder tant il y a de choses à voir partout.
Mon expérience florentine hélas s’est arrêtée là (ma frustration m’y reconduira vite mais pour plusieurs jours cette fois) : j’ai trop marché. Avec cette chaleur intense je me suis retrouvée clouée au lit (couchette) avec des soucis d’oeudèmes au niveau des chevilles.

J’ai accueilli la pluie et sa fraîcheur avec reconnaissance.

J’ai loupé aussi Pise et sa célèbre tour qui est certes amusante mais tellement prisée des touristes qu’on ne peut guère s’en approcher. Il y avait aussi une tour penchée à Bologne qui m’a bien plus enthousiasmée.
Après Pise en route pour la côte méditerranéenne que nous avons longée par la nationale.
L’eau ici n’est pas la même qu’à montpellier. C’est assez étrange.
Les plages sont privées pour la plupart et d’ailleurs il vaut mieux : toutes les autres sont recouvertes d’immondices. Je ne comprends pas ça.
Voilà.
1.689 km.
Sept jours dans une dizaine de mètres carrés.
Retour en France.
C’est beau la France.

J’ai beaucoup appris de cette expérience.
J’ai poussé les limites de mon endurance. J’ai appris qu’il faut choisir soigneusement ses compagnons de voyage. Qu’il faut être patient et accepter que tout le monde n’aie pas le même rythme.
J’ai réalisé que c’est facile de voyager.
Que je peux m’adapter à presque tout.
Que les gens sont partout pareils.
Que j’ai envie de partir seule. Sans enfant et sans copine.
Seule.
Je n’ai plus peur.

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À propos de angelenemus

Artisan du MERVEILLEUR (à la recherche du MERVEILLEUX, en qualité de VEILLEUR, pour vivre le MEILLEUR)

Publié le 24 juillet 2014, dans La vie passionnante d'Angel. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Ton billet me file le frisson…Que je suis content pour toi!
    Bien sûr que tu es une Aventurière, avec ou sans talons aiguilles. 🙂
    Bon retour chez toi et repars bientôt!

  2. Belle expérience et chouettes photos !! Mais vrai que la cohabitation dans un tout petit espace n’est pas toujours facile !

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