Archives Mensuelles: juillet 2014

Histoire d’une fin


Je n’ai plus envie d’écrire ici.
Peut être que ça reviendra.
Mais ce n’est pas sur.
Câlin à ceux qui me lisent, me suivent depuis quatre ans, répondent, m’émeuvent, sont émus, m’aiment, sont aimés de moi.
Écrire ici m’a permis d’être libre et de dire ce que j’avais dedans.
Je vous envoie mon amour.

Histoire de destin.


Maguelone n’a pas pris l’avion AH 5017.
Elle est en vie.
Elle a changé de billet d’avion car son périple au Burkina Faso lui plaisait, elle a donc décidé de rester plus longtemps.
Elle est partie avec une association humanitaire.
Sa mère a vraiment hésité à accepter cette rallonge.

Mag a 17 ans.
Elle vient d’avoir son bac. En septembre elle va dans une école de stylisme.
Elle revient lundi. Pas dans une boite, mais sur ses deux pieds.
S’il y a des vols bien sur.

Mag est changée pour toujours.
Forcément.

Ballade italienne


Ça y est j’ai réussi à partir.
Montpellier, Gènes, Plaisance, Parme, Bologne, Florence, Pise, Montpellier.
Des émotions très diverses.

Déjà c’est pour moi une aventure de partir en camping-car avec une copine et son fils (promiscuité intense pendant une semaine), de conduire en Italie un engin de près de 7m, de trouver où le garer le jour, ou se placer la nuit, où faire le plein d’eau et les vidanges diverses.
J’ai toujours trouvé ce type de voyage très bof (beauf) mais je dois reconnaître que le rapport qualité prix est incomparable.
Ma fille adore. Elle rechigne même à sortir de sa maison miniature pour visiter le pays.
Nous sommes novices en la matière. Nous apprenons tout sur le tas.
Ça me laisse songeuse quand je vois les autres « campers » installer leur matériel en moins de dix minutes et être capables de faire une garden party au milieu de nulle part.
Nous on est bordéliques. On n’a aucun accessoire de camping. On est partis avec nos valises de fringues et on a dû s’arrêter le premier jour pour acheter de la vaisselle.

Très curieusement sans avoir jamais appris à parler italien, je me suis rapidement familiarisée avec la langue. En mélangeant le français, l’espagnol et le latin. Une marchande de glace m’a même dit que j’avais l’accent Vénitien ce qui est plutôt drôle.

Mon image d’Epinal a explosé dès l’arrivée à Gènes : très clairement j’ai détesté la saleté, le bruit, les odeurs.
Le rêve italien incarné dans le cinéma Hollywoodien (genre le film « mange, prie, aime) est complètement décalé.
La ville grouille, les gens gueulent, il y a des Vespa et deux roues partout qui font un bruit d’enfer (moteurs trafiqués et Klaxons pour te virer de leur route). Tout ça dégage des fumées d’échappement étouffantes. Les hommes pissent (virilement) dans tous les recoins et tout baigne dans leur urine, les italiennes très belles et stylées (talons aiguilles vertigineux, maquillage plâtre et téléphone incrusté dans l’oreille) m’ont toisée avec un mépris total (avec ma panoplie de touriste je ne suis pas spécialement glamour).
Obnubilée par l’agressivité générale, stressée pour ma fillette, je n’ai que peu profité de ma première ville italienne.
Gènes – ou plutôt Genova – m’a mise au tapis.
Toute cette beauté en ruine et toute cette laideur moderne accolées, c’était une entrée en matière brutale.
Saisissant.

Heureusement Plaisance – Piacenza – et sa douceur délicate m’ont réconfortée.
Là les gens flânent.
Exactement l’idée que l’on se fait de la dolce vita.
Idem pour Parme – Parma – et Bologne – Bologna – que j’ai particulièrement adorée.
Cette dernière ville dégustée de nuit, dorée de ses éclairages.

Via la Toscane, par la route des lacs et des châteaux.
Délicieuse promenade.
Avec quelques arrêts culinaires pour acheter du vinaigre, du jambon, du limoncello et quelques autres gourmandises.

C’est avec quelques inquiétudes que j’ai abordé Florence.
Florence je l’ai rêvée.
Elle ne s’est pas laissée conquérir.
Arrivés sur place à 17 h nous n’avons pu que constater que tous les monuments étaient déjà fermés.
Nous avons tout de même lézardé dans toutes les jolies rues du centre où tu ne sais où regarder tant il y a de choses à voir partout.
Mon expérience florentine hélas s’est arrêtée là (ma frustration m’y reconduira vite mais pour plusieurs jours cette fois) : j’ai trop marché. Avec cette chaleur intense je me suis retrouvée clouée au lit (couchette) avec des soucis d’oeudèmes au niveau des chevilles.

J’ai accueilli la pluie et sa fraîcheur avec reconnaissance.

J’ai loupé aussi Pise et sa célèbre tour qui est certes amusante mais tellement prisée des touristes qu’on ne peut guère s’en approcher. Il y avait aussi une tour penchée à Bologne qui m’a bien plus enthousiasmée.
Après Pise en route pour la côte méditerranéenne que nous avons longée par la nationale.
L’eau ici n’est pas la même qu’à montpellier. C’est assez étrange.
Les plages sont privées pour la plupart et d’ailleurs il vaut mieux : toutes les autres sont recouvertes d’immondices. Je ne comprends pas ça.
Voilà.
1.689 km.
Sept jours dans une dizaine de mètres carrés.
Retour en France.
C’est beau la France.

J’ai beaucoup appris de cette expérience.
J’ai poussé les limites de mon endurance. J’ai appris qu’il faut choisir soigneusement ses compagnons de voyage. Qu’il faut être patient et accepter que tout le monde n’aie pas le même rythme.
J’ai réalisé que c’est facile de voyager.
Que je peux m’adapter à presque tout.
Que les gens sont partout pareils.
Que j’ai envie de partir seule. Sans enfant et sans copine.
Seule.
Je n’ai plus peur.

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Liberté chérie


Il m’avait demandé :
« Qu’est- ce que tu veux vraiment ? »
J’avais répondu :
« Je veux être libre »
Je ne sais pas s’il a compris.
Ou peut être qu’il a tout compris justement.
Nous étions complètement dans notre passion amoureuse. Une expérience merveilleuse et mortelle.
Sans doute attendait-il un « je te veux toi » ou  » je veux qu’on soit ensemble ».
J’ai dit « je veux être libre » sans mesurer l’énormité de mon vœux.
Sans mesurer qu’être libre c’était être seule, c’était le perdre, c’était être marginale, c’était être différente.
Être libre ça n’existe pas vraiment. Il y a toujours des chaînes et des liens.
Mais moi j’ai réduit ces chaînes et ces liens.
A leur minimum.
J’ai divorcé, vendu tout mon patrimoine, je suis partie de mon travail.
J’ai changé d’amis.
Et surtout j’ai compris.
Qui je suis, dans quelle société je vis. Quels sont mes carcans.
Quelles sont mes limites.
Ce que je veux.
Ce que je ne veux pas.
Et surtout, la foi que j’ai en mon destin.
La puissance de l’amour que je réserve à mon homme.
Et la lumière que cet amour partagé va générer.
Ça je sais.
Je suis vraiment libre.

Je suis en vacances


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Grosse bêtise


Ça vous arrive de faire en truc en sachant pertinemment que c’est une grosse bêtise ?
Mais de le faire quand même ?

Chroniques de l’ordinaire – Denise F.


Denise est décédée la semaine dernière.
91 ans.
Elle a survécu à deux maris, un fils diabétique, un frère célibataire, deux sœurs.
La première fois qu’elle est venue j’ai failli vomir à cause de son odeur.
Ammoniaque.
Violent.
L’odeur de l’urine poussée à l’extrême.
De la crasse totale.
L’odeur de la clocharde qui pue.
Quand elle venait dans mon bureau, (pour me confier la succession de sa sœur) outre que j’ouvrais la fenêtre en grand, je bâchais mes sièges.
Une fois alors qu’elle remuait des bras, emportée par ses nerfs, des insectes se sont échappés de son gilet.
C’était un monument.
En fait, j’ai failli vomir plusieurs fois en sa présence. L’odeur.
J’ai l’odorat surdéveloppé.
Elle avait un caddie (carriole de mémée) et une canne.
La canne pour fouiller les poubelles. Le caddie pour emporter ses trouvailles.
Mamie poubelle.
En fait elle était millionnaire en euros.
Et sa maison doit être remplie d’immondices. Je ne veux même pas voir ça.
Elle m’avait sorti un faux testament pour hériter de sa sœur. Je m’étais fâchée tellement c’était visible.
Elle avait volé des trucs dans mon bureau. Trombones, stylo et scotch.
Elle était une abomination.
Kleptomane, menteuse, voleuse, puante et mauvaise. Elle criait en espérant que ma peur ferait balancer le dossier dans son giron. Absurde.

Mais j’ai tenu bon.
Parce que j’ai vu sa photo quand elle avait 20 ans.
Tellement belle. Tellement belle.
Toute blonde, dorée de soleil, en train de rire sur une balançoire. Quelque part en Algérie. L’Algérie des années 30. Riche, douce, dorée.
Parce qu’à 20 ans elle faisait des études de littératures. J’ai lu ses textes.
Et qu’à 20 ans elle était pleine de joie, pleine de projets, de rêves, de poésie et de mots .
Qu’elle vivait dans une société étriquée qui l’empêchait d’être libre.
Qu’elle a changé pour s’adapter.
Qu’elle s’est éteinte.
Qu’elle a aimé des hommes qui ne l’ont pas aimée. Qu’elle a dû épouser.
Qu’elle était prisonnière de leurs revenus. De leur patrimoine. De leur loi.
Qu’elle devait mendier auprès de ses maris. Pour une robe, pour un livre. Pour faire les courses.
Qu’elle est devenue âpre. Esclave de l’argent. Frustrée.
Qu’elle est devenue veuve. Une fois. Puis deux.
Avec son fils unique malade qui la détestait. Diabète extrême. Avec les membres qui pourrissent un par un.
Qui est mort, seul en la détestant.
Qu’elle s’est mise à faire des poubelles alors qu’elle était millionnaire.
Mais que s’est-il passé ?
Je ne sais pas.
Elle a traversé beaucoup trop d’épreuves.
Elle aurait dû être une délicieuse vieille dame, coquette, avec des petits enfants.
Elle leur aurait lu de la poésie assise dans un fauteuil douillet.

Je n’avais pas d’affection pour Denise. Elle me répugnait.
Mais sa mort m’a fait songer à toute cette énergie de vie perdue. Toute cette joie et cet amour brisés à la source pour de mauvaises raisons.
Combien de vies gâchées qui permettraient à l’humanité de s’élever pour de bon ?
C’est triste.
La mort de Denise est triste.

Live your Dreams


Italie j’arrive
Florence, Sienne, Rome
Je les connais d’éternité
C’est juste un retour à la maison
Dante ! Attends moi

Imprévu


Concert Obispo ce soir à Montelimar.

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Il chante le grand amour
Et il a chanté aussi il était une fois toi et moi
Ben oui
Normal

Et merde …


Mon ami J. m’a sauté dessus.
Huit ans que je le côtoie et qu’on se tape dans le dos en buvant des coups.
Un pote garçon quoi.
Il est marié en plus.
Bon ok, j’ai toujours considéré que sa femme est bête comme une balayette mais là vraiment je ne m’attendais pas à ça.
Comme il passait deux jours en ville il m’a appelée pour sortir.
Le grand jeu : Pinacolada sur les quais à la mer, papoti-papota, resto plutôt haut de gamme, petit tour dans le sable.
Tout ça en se racontant de grosses âneries qui nous ont bien fait marrer.
Deux potes bien lourds.
Ça a pris un tour romantique inattendu.
Là, sous les étoiles, les pieds dans la méditerranée avec le pantalon remonté sur les genoux,
sans crier gare
il m’a roulé une énorme galoche.
Trop bizarre.
Bon, l’alcool a du l’aider beaucoup.
Mais moi qui étais sobre je n’ai pas vraiment apprécié la tournure des événements.
J’ai pensé à sa femme.
A mon ex mari avec lequel il fait du sport.
J’ai pensé à sa jalousie quand le serveur m’a draguée.
J’ai pensé à sa misogynie.

J’ai dit stop.

Il a dit « je veux exister dans tes bras ».

Je me suis barrée en courant.

Mais qu’est ce qu’ils ont en ce moment !