Archives Mensuelles: juin 2014

Histoire de travail


Je vis une histoire ubuesque.
Mon employeur refuse purement et simplement de me laisser partir.
Ça fait deux mois qu’il tourne autour du pot.
Deux mois que j’attends qu’il signe la convention qui me libère.
J’attends.
Je reste là, douce et souriante.
Je ronge mon frein. Je cache ma colère. J’enterre mes pulsions de combat.

Ça me semble tellement débile.
En début d’année j’ai été convoquée à deux reprises : trop chère, ne rapporte pas assez. (Je gère plus de 100 dossiers alors que la moyenne nationale c’est 40) Ils m’avaient suggéré de faire encore plus d’heures sup (non payées).
Payée pour 35h hebdomadaires mais bossant entre 40 et 50 heures.
Tout ça avec la pression.
En courant comme une dingue après le boulot pour être une maman présente.
Zéro vie privée.
Et toujours plus de pression, toujours plus.
J’ai dit stop.
J’ai dit j’arrête.
J’ai dit je veux me barrer
J’ai dit laissez moi partir.

Et voilà.
Ils ne veulent pas me laisser partir.
Ils m’ont dit que sans eux je n’étais rien.
Que j’allais me planter.
Que c’était folie de larguer un job et ce salaire que plus jamais je n’aurais ailleurs
Que le monde est horrible pour les mamans solos
Que j’allais finir sdf ou pire
Qu’il était hors de question de me faire ça
Que d’ailleurs vu comme j’étais complètement dingue on allait décider à ma place.
Non non non
Tu restes à ta place d’esclave
Tu es incapable de faire autre chose
On condescend à te garder
Mais tu la fermes
Et tu trimes comme on dit
….

Je suis libre
Et en colère
Et je suis plus forte que vous

Personne ne me met en cage.

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Mmmmmmmmm


Il n’y a pas de hasard.
Aucune rencontre n’est fortuite.
Tout cela obéit à un ballet géant auquel on ne comprend pas grand chose.
Il me semble qu’il faut juste lâcher prise.
Laisser les événements arriver, accepter qu’ils arrivent, réfléchir au pourquoi de leur survenance

Toi que j’ai rencontré
J’aime à croire, à savoir, que ce n’était pas anodin.
Que c’est un adorable sursaut de nos belles destinées.
Belles , tragiques, laborieuses, brèves. Attendrissantes , passionnantes.

Je t’en prie, ne fais pas comme si ça n’avait jamais existé.
Transcendes toi de mon passage
Crée écris ris joue chante vis
Sois toi en mieux
Sois toi en plus
Sois toi en réjouissance
Oui, réjouis toi
La vie est plaisir

Ouiiiiii


L’amour est la réponse.
Quelle était la question ?

(Albert E.)

Poème de Clémentine Von Radics


Je ne suis pas la première personne que tu as aimée.
Tu n’es pas la première personne que j’ai admirée, la bouche pleine de « pour toujours ».
Nous avons tous les deux connu des pertes tranchantes comme des lames de couteau.
Nous vivions tous les deux avec des lèvres
Balafrées au point de ne plus voir la peau.

Notre amour est arrivé
A l’improviste au milieu de la nuit
Notre amour est arrivé alors que nous avions renoncé
A lui demander de venir.
Je pense que c’est en cela qu’il est miraculeux.
C’est comme cela que l’on guérit.
Je veux t’embrasser comme le pardon.
Tu me serreras comme si j’étais l’espoir.
Nos bras nous serviront de bandages, et nous presserons nos promesses entre nous comme les fleurs entre les pages d’un livre.
J’écrirai des sonnets sur la sueur salée de ta peau.
J’écrirai des romans sur la cicatrice de ton nez.
J’écrirai un dictionnaire de tous les mots que j’ai essayés d’utiliser pour décrire ce que je ressens de t’avoir enfin,enfin trouvé.

Je ne serai pas effrayée par tes cicatrices
Je sais que parfois c’est encore difficile
De me montrer les fissures de ta perfection,
Mais je t’en prie, sache ceci :
Que ce soit les jours où tu brilles plus fort que le soleil
Ou les nuits où tu t’effondres sur mes genoux,
Le corps détruit en mille questions
Tu es la plus belle chose que j’ai jamais vue.

Je t’aimerai quand tu seras paisible
Je t’aimerai quand tu seras un ouragan.

– Clementine von Radics

Histoire de harcèlement.


Je suis harcelée par un vieillard.
C’est grotesque et extrêmement dérangeant.
86ans.
Il est tombé amoureux de moi.
J’aimais bien sa culture et son sens poétique.
On a déjeuné ensemble une fois et échangé de la poésie.
Lui est devenu complètement débile.
Il s’est mis à m’épier. A me surveiller.
Il m’a suivie jusque chez moi.
Il m’a déposé dans la boîte aux lettres des photos de la maison de mes parents. Photos qu’il est allé prendre lui même.
Il m’envoie des dizaines de mails en me reprochant de ne pas m’occuper de lui.
Il m’appelle au travail. A la maison.
Il cherche à me culpabiliser tout le temps.
Une horreur.
Je suis une femme libre.
Totalement libre.
Ce harcèlement me rend violente.

Le problème avec un harceleur de 86 ans c’est son âge : je dois rester ferme sans lui provoquer une crise cardiaque fatale.
Il me semble qu’il a perdu les pédales, son entêtement frise la sénilité.

Aujourd’hui il a exigé un déjeuner demain midi sinon « ça va lui gâcher sa fête des pères …  »
Je suis très en colère.
J’ai répondu avec dureté et froideur.
Un homme normal ne me contacterait plus.
Si lui continue j’appelle ses enfants.

Grrrrrrrrrrr

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Chaud


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Je suis ici
Un peu
Et ailleurs
Surtout
Je me souviens de quand j’étais une cellule
Une algue
Un arbre
La pluie
Le vent
De tout

C’est beau quand le vent sourit
Il faut être éveillé pour le voir
Ou avoir déjà été le vent
J’ai déjà été le vent

Être à l’infini
Éternellement
Être tout
Le tout
Être

Ma tribu


Je suis tombée en amour.
Totalement.
D’une famille.
La mère, la fille, le fils, le chat.
Un coup de foudre.
Pour eux aussi.
En quelques secondes c’était fait, bouclé, intégré.
Ma fille et moi avons fusionné avec eux. Nous sommes devenus une seule et même tribu.
Comme ça, naturellement.
Les échanges et partages sont permanents.
On vit loin les uns des autres.
La mère vit dans la montagne en Ardèche, le fils est en pensionnat à Lyon.
Par contre la fille a un appart à 100m du mien.
Et en fait depuis un mois elle vit de plus en plus chez moi.
Au début elle venait juste dîner et papoter, ou voir un film.
Et puis elle a commencé à dormir.
Naturellement.
Me voici avec une nouvelle grande fille de 20ans !
Qui s’entend merveilleusement avec la petite de 12 ans.
Et le garçon qui appelle en râlant parce qu’on est ensemble sans lui.
Et la mère qui nous montre en vidéo Skype les pots de confiture qu’elle a préparés et les œufs frais du jour.
Comme elle a rencontré un potentiel amoureux on croise les doigts pour elle : un nouveau membre serait bienvenue dans notre tribu.
Plus on est de fous plus on est heureux.
Cet été on part tous ensemble.
On ne sait pas encore où.
J’aimerais la Toscane, ou l’Ecosse.
En van.
On votera démocratiquement.
C’est une tribu démocratique.
Ou presque.
La voix des mamans compte double.
Ma tribu de joyeux barjots.

Soirée impôts


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