Archives Mensuelles: mars 2014


Je propose aujourd’hui une rupture conventionnelle de mon contrat de travail.
Je ne peux plus.

Bel endroit pour une rencontre


Je jogge au zoo tous les samedi
Aujourd’hui je les ai rencontrés :

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Histoires d’élections (politiquement incorrecte)


Je ne m’intéresse que de très loin à la politique.
Je vote par respect pour mes ancêtres qui se sont battus pour que je puisse voter.

Bref.
Dans mon village d’origine, dimanche dernier, il y a eu une monumentale crise politique.
1633 habitants. 1102 votants. Moyenne de revenus par foyer : 15800€ par an, c’est un monde paysan plutôt modeste.
Les gens sont très travailleurs et plutôt durs.
La terre cévenole est rude et pas très généreuse.

Pour la première fois depuis que le village existe, le maire élu n’est pas un originaire du cru.
Il fait partie de ces nouveaux arrivants qui quittent les villes parce que la misère est plus supportable à la campagne.
Ici il n’y a pas d’autre travail que la terre.
Pas d’usine, pas d’entreprise, pas de bureau.

Le nouveau maire a eu 540 voix.
Car les nouveaux arrivants sont plus nombreux que les anciens maintenant.
En ce qui me concerne je trouve le brassage intergenerationnel et culturel profitable à tous quand les gens fonctionnent harmonieusement.

Mais voilà la problématique :
Les nouveaux arrivants vivent essentiellement d’aides sociales. Ne travaillent pas. Ne sont pas créateurs de richesses.
expliquez à un cévenol dur comme un caillou, qui a bossé comme un dingue toute sa vie, pour avoir sa maison et sa terre, qu’il doit partager parce que c’est comme ça et qu’il faut être solidaire.
Expliquez à un cévenol smicard qu’il doit payer double cantine pour nourrir les enfants exonérés.
Expliquez à un paysan cévenol retraité msa à 865€ par mois que ses impôts fonciers pour les terres de ses aïeuls vont augmenter pour payer les loyers des autres.
Expliquez à celui qui se lève à 5h pour aller bosser à 75 km que son voisin qui a tapé sur son jumbé une bonne partie de la nuit en fumant du shit a plus de droits que lui. (Je cite une conversation que j’ai entendue).

La solidarité dans ce village a toujours été très forte.
Tout le monde se connaît, se salue et se parle dans la rue.
Les coups durs sont partagés.
Bien sur il y a des histoires de village, des ragots, des cocus, des haines centenaires. Cependant on accompagne les morts, on aide les vivants, on ramasse les oignons ensemble, on fait la fête du 15 août.

Ils vivent comme une totale injustice ce qui est en train d’arriver. Pour eux c’est du parasitage pur et simple.
C’est donner la clef de la cagnotte à qui ne sait pas la remplir mais juste la vider.
Le cévenol en colère fait des dégâts. Je suis inquiète pour la suite.
Aux dernières élections présidentielles il y a eu le plus fort taux national pour le FN et ça c’est moche.

Je suis en dormance


Le printemps ne m’a pas réveillée

CHRONIQUES DE L’ORDINAIRE – Luc


Luc.
85 ans. Veuf depuis dix ans.
Journaliste à la retraite depuis longtemps.
Luc s’ennuie dans la vie.
Ses amis sont morts, séniles, ou trop vieux.
Sa famille est occupée.
Ses journées se ressemblent toutes.
6h il se lève.
Il se rase, se lave, déjeune.
Il sort acheter le journal. Le pain. Faire un tour.
Puis il rentre.
Il attend la livraison de son repas.
La femme de ménage vient.
Il surfe sur internet.
Il lit.
Le repas du soir arrive. Un film. Et dodo.

Il existe mais ne vit plus. Il n’a pas envie de mourir. Mais il s’ennuie tellement que sa vie ne l’intéresse plus.

Enfin, ça a changé. Luc est tombé amoureux.
Très amoureux.
De moi.
Ça le rend complètement dingo.
Il ne pense qu’à ça toute la journée.
Il m’écrit des dizaines de mails chaque jour depuis trois mois.
Il appelle.
Joue comme un gosse à se prendre en photo avec sa webcam en train de faire le pitre avec des chapeaux bizarre ou des sabres de samouraïs.
Il m’appelle au boulot sous des prétextes idiots.
Il m’écrit des poèmes.
Il appelle.
Il appelle.
Il appelle.
Encore et encore.

Il est jaloux des gens que je vois, de mes amis, de mes mecs passés.
Il est devenu trop envahissant en fait. Possessif et exigeant.
Je ne le supporte pas de ceux que j’aime alors sûrement pas des autres.

Je lui ai parlé tout à l’heure.
Tout doucement, avec tendresse, je lui ai cependant brisé le cœur.
J’ai dit stop.
Je ne peux pas le laisser faire.
Il sanglotait et j’ai eu mauvaise conscience.
Mais je ne peux plus.

L’amour n’a pas d’âge.
Les chagrins d’amour non plus.

Salle de sport


Je fréquente une salle de sport.
Ce n’est pas le genre d’endroit que j’aime mais là je me remets en forme.
Pendant que j’ondule sur le « wave » (en réalité je sue et souffre la mort sur cet engin de torture qui imite intensément le roller) j’observe les autres.
Il y a essentiellement des hommes.
Les femmes fréquentent plutôt les cours collectifs dans les espaces à côté.
Les hommes ici sont beaux.
Et ils draguent.
Mais je suis exclue du jeu : je suis une femme.
Reprendre le contrôle de son corps, se sculpter, affiner sa silhouette … Ça fait mal.
Je ne sais pas quand je vais cesser de souffrir.
Peut être jamais.
Et quand je vois à quel point les autres sont attentifs à leur apparence ça me fait ricaner en silence.
Concourt de tenue fluo moulante.
Concourt de pectoraux qui roulent et luisent.
Le coach vient surveiller que je ne meure pas sous les plaques de fonte.
Je dois être la seule grosse de toute la salle.
J’ai été draguée par une femme. Ça me change des vieillards qui tombent amoureux de moi.
Pas encore tentée par les plaisirs au féminin.
Ce n’est pas ici que je vais faire une rencontre amoureuse !
Allez, je m’accroche et je persiste.
Mais je déteste ça.

Abeilles


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Il y a des gens qui volent des ruches en ce moment.
Le bien le plus précieux de l’humanité.
Ça me fait peur.

Printemps


Demeter retrouve Persephone
Ça va faire du bien

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Pas belle


Ça m’a claqué la tête : avec un air très étonné, étonné tellement il trouvait son propos évident, il m’a lancé « mais enfin, tu es moche ! »
Face à mon silence – je crois que j’ai arrêté de respirer – il a compris que je ne savais pas que j’étais moche . Ou plutôt que je ne savais pas qu’il me trouvait moche.
Il a été gêné il me semble, bien que je sois sonnée j’ai vu qu’il était gêné.
Il a rajouté : « vois un coach pour t’arranger un peu. Tu pourrais être bien. »
Ça n’a rien arrangé dans ma tête.
Avec sa tendre et franche brutalité amicale.
J’ai eu la sensation de tomber dans un gouffre sombre.

Je sais bien que c’est subjectif.
Je sais bien que la beauté seule ne fait pas la personne.
Je sais bien que son opinion n’engage que lui.
Mais punaise ça fait mal.
Je vais vieillir et les raisons subjectives de la beauté des femmes ne vont pas s’arranger dans ma matérialité … Au contraire.
Lutter contre l’avachissement, le surpoids, les rides, les cheveux blancs, …. Peut être la maladie et la déchéance physique.
Combat perdu d’avance.
Je souhaite vieillir élégamment plutôt qu’en beauté.

Mes yeux et mon cœur sont plus indulgents que les siens.
Je le trouve beau.
Et pourtant sa beauté n’est pas académique.
Il est beau de ses forces et ses faiblesses, de son corps trapu et puissant, sans doute un peu trop dodu.
De son visage buriné, de sa tonsure naissante et de son sourire pas parfait.
Je m’en fous. Il est vrai. Il est lui.

Je vais avoir du mal à me sentir bien dans ma peau après ça.

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Est-ce que je m’appartiens ?


Je donne
Encore et encore
Mon temps, mon énergie, mon corps mon soutien, mon argent, mon amour, mon amour, mon amour.
Je donne tout.
Ce que j’ai.
Ce que je suis.
Je n’ai plus rien.
Je suis fatiguée.
De donner.
De ne jamais recevoir.
Rien recevoir.
Seulement donner.
Non être pillée plutôt.
Est-ce que je m’appartiens encore ?