Archives Mensuelles: janvier 2014

Il m’en manque une


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Sur mon mur M il manque des photos essentielles
Je pense à une photo en particulier
Toi
Toi et moi

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Felice Casorati


Je voudrais être elle à ce moment là

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Ralentie


J’ai repris le yoga aujourd’hui, après 6 mois sans en faire.
Séance au terme de laquelle il y a eu une demi heure de méditation.
Je dois avouer que depuis je suis totalement au ralenti.
Non pas que je pense lentement mais plutôt je me sens ancrée au mieux dans l’instant présent.
C’est très étonnant. Ça ne me l’avait jamais fait.
Chaque seconde s’écoule paisiblement en fait.
Mes idées sont limpides et ordonnées.
Pas de parasitage, pas de geste inutile.
Toutes mes actions sont efficaces.
En fait ce n’est pas moi qui suis au ralenti : c’est le temps lui même qui l’est.
J’aime ça.

Chroniques de l’ordinaire : Marc


Marc est psychiatre.
Marc est juif.
Marc a 71ans.
Il est petit, maigre, chauve.

Marc me fascine. Autant que je le fascine.
Il m’appelle « ma pépite ».
Je l’appelle « Marc » alors que tout le monde l’appelle « Docteur ».
C’est mon client. Je ne suis pas sa patiente.
Je lui ai demandé de me faire une liste de livres à lire.
Je le fais souvent quand je sens que mon interlocuteur est brillant.
Ça lui a plu. L’intimité des livres partagés.

Il m’a proposé d’être sa muse plusieurs fois.
Il n’est pas beau et pourtant c’est un homme à femmes indéniablement. Il fait preuve d’une délicatesse quand il me fait la cour qui me fait raffoler de lui.
Son intelligence supérieure est irrésistible.
Je lui ai proposé mon amitié et ça lui a occasionné un fou rire mémorable.
« Allons ma merveilleuse, vous ne croyez pas à ces balivernes ? L’amitié pure entre un homme et une femme -surtout vous – est tout à fait impensable. Laissez moi vous aimer à ma guise et ne vous inquiétez pas, je ne vous volerai pas votre liberté. C’est libre que vous êtes « vous ». Et pitié ne vous laissez pas gâcher par le premier bellâtre qui passera. Je ne supporterai pas de vous voir aimer médiocre. »
Marc.
Nous déjeunons ensemble tout à l’heure.
Je suis plus grande que lui avec mes talons.
Il me donne le bras.
Il trouve désopilant le regard que l’on nous jette : le vieux cochon et la croqueuse de diamants.
Les apparences …
Nous boirons une coupe de champagne, et mangerons quelque chose de raffiné et délicieux.
La conversation sera étonnante et perchée.
Je rirai de mon rire de gorge qu’il adore.
Il me caressera les doigts au dessus de mon assiette.
Et chacun repartira de son côté avec le sourire.
L’amour revêt une multitude de formes.

Histoire de panne


Drôle de surprise ce matin au boulot.
Pas d’électricité.
Les plombs ont sauté et ne redémarrent pas.
On prend la mesure de tout ce que l’électricité fait fonctionner et surtout de la dépendance qui en découle.
On ne peut absolument rien faire.
Pas de lumière ni de chauffage, pas de téléphone, d’ordinateur, de fax, d’imprimante.
Pas de café …
On est là comme des idiots à attendre l’électricien. S’il vient.

Hôtel


Je suis dans un hôtel pourri dans un bled pourri.
Il paraît qu’il y a vue sur la mer mais comme il fait nuit je n’ai pas encore vue … Par contre je la paye.
La chambre est abominablement moche.
J’ai dû changer d’ailleurs, il n’y avait pas d’abattant wc dans la première.
Du coup celle ci est une glacière.
Je comprends les touristes qui gueulent après l’accueil des méditerranéens … C’est honteux de proposer ça à ce prix.
J’accompagne une copine.
Sinon je serai repartie illico.
Mon appartement coquet et douillet me manque.

Chroniques de l’ordinaire : Anne-Marie


Anne-Marie est devenue mon amie au forceps.
Elle s’est imposée joyeusement et avec un élan irrépressible dans ma vie de sauvageonne.
Elle m’a choisie.
La première fois que je l’ai vue je me suis dit qu’elle était toquée.
La deuxième fois que je l’ai vue je me suis dit qu’elle était dingue.
Complètement cinglée.
Corse, catholique déjantée, un mélange de mystique ésotérique chrétienne et croqueuse d’hommes gourmande. Elle fréquente des médiums, des guérisseurs et des évêques.
Elle est improbable.
Elle a viré son mari il y a cinq ans et après trente cinq ans de vie matrimoniale plate et deux enfants élevés, a décidé de vivre sa vie.
Elle avait une formation de pharmacienne, elle a attaqué un cursus universitaire de musicothérapeute et entend s’installer au Brésil dès qu’elle aura son diplôme.
Elle va régulièrement dans des couvents pour se recentrer (la dernière fois elle a dévergondé un prêtre d’ailleurs) et joue de l’orgue le dimanche à la messe.
Elle me parle crûment de ses amants et me demande mon avis sur ce qu’elle fait avec eux « tu comprends ma puce, avec mon mari on ne faisait pas ça. Houlala ça risquait pas !! »
Elle ne travaille pas et passe son temps à faire des sorties ovs
Elle connaît une multitude de gens.
De toutes sortes.
La semaine dernière elle m’a appelée, un peu embêtée :
« Ma chérie, je te préviens, au cas où je me trompe. J’ai rencontré un sdf ce matin qui était vraiment mal en point, un jeune (35 ans) avec une bronchite. Je l’ai ramené à la maison. Je vais laver ses affaires et le retaper un peu. Mais bon voilà au cas où il m’arrive un truc je te le dis ».
Voilà : Louis le quebecquois a passé la semaine chez elle. Il est tout propre, cheveux et barbe bien taillés, bien nourri, guéri et toutes ses affaires sentent la lessive. Il a des provisions, de l’argent et une force nouvelle pour reprendre la route.
Ce n’est pas un homme qui se sédentarise.
Il est reparti ce matin.
Anne Marie a pleuré après son départ.

Free hugs


Il paraît que c’est la journée du câlin.
Je n’en ai pas fait aujourd’hui.
Alors, ici, c’est free hugs.
Qui n’en veut ??

NON


Mais c’est quoi ce contrat de vie à la con !!!!
Je ne peux pas être celle là.
La femme œdipienne par excellence.
Celle qu’on aime mal, celle qui est toujours là quand on a besoin, celle dont on ne peut se passer mais qu’on néglige au profit des autres.
Celle qui ne sera jamais une des garces qui rendent dingues, celle qui est douce, qui fait des câlins, qui écoute, qui répare.
Celle qui aime pour toujours, celle qui ne jugera jamais.
Celle qui n’empiète pas sur la liberté.
Celle qui pousse à être.
Celle qui sourit et ne demande rien.
Celle qui pardonne à celui qui est si stupide de ne pas comprendre qui elle est.
Celle dont on ne tombe pas amoureux.
Qui ne déclenche pas la passion. Pas assez …
Celle qui manque seulement quand elle disparaît pour toujours
Non
Je ne peux plus être celle là.

Histoire de lectrice


Pour la première fois, j’ai lu à voix haute et en public plusieurs de mes textes d’ici et d’ailleurs.
Ma poésie, mes récits érotiques, mes histoires douces ou sombres, mes chroniques …
J’ai été très étonnée par le retour. C’est à dire par la façon dont les auditeurs sont venus vers moi après pour me parler de mes écrits.
Ça m’a énormément gênée.
C’est assez intime en définitive et je n’avais pas mesuré le degré de mise à nue.
Écrire sur un blog, être lue ou pas par des inconnus qui souvent ne réagissent pas beaucoup, c’est assez facile.
Là ils voulaient savoir pourquoi ceci celà, ils voulaient plus, me connaître, m’inviter, polémiquer, me sauter, me poser des questions.
J’ai paniqué.
Je ne m’étais pas du tout préparée à ça.
Je me suis sauvée …