Archives Mensuelles: octobre 2013

Exténuée


Déménager c’est une épreuve.

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L’appartement


Deuxième nuit
Ce n’est pas encore chez moi
Pourtant mes centaines de livres sont là
Mes fringues encore en carton
Les ustensiles de cuisine par ici et par là
C’est incroyablement en bazar,
Je suis un peu perdue au milieu des cartons à moitié ouverts
Un peu marre de chercher
Un pyjama, mon shampoing, le produit vaisselle ….
Me réveiller en me demandant où je suis.

Un pas après l’autre

Esprit nomade


Plus que quatre jours.
Tout ou presque est en cartons, je garde le strict minimum.
Plus de la moitié des objets a été distribuée.
Rien n’est vraiment important ou essentiel si on y songe.
J’ai tellement donné et déblayé qu’une amie s’est exclamée « mais tu déménages, tu ne meurs pas ! »
C’est intéressant comme réflexion. Il y a un peu de mort en effet dans ce grand chambardement. Mourir pour renaitre.
Je me sens dépouillée : j’étais propriétaire d’une maison, je vais être locataire d’un appartement.

Je suis prête.
L’appartement par contre n’est pas prêt.
C’est assez catastrophique d’ailleurs.
Le peintre a eu de mauvaises surprises quand il a ôté des murs l’horrible tapisserie en tissus : outre que ça lui a pris un temps fou et que c’était hautement toxique, il a fallu refaire les plâtres.
Il reste quatre jours pour finir de peindre et poser les parquets … ça ne va pas être possible matériellement.
Je ne stresse pas, on verra bien.
J’ai bien trop stressé déjà. A me donner des palpitations cardiaques dangereuses.
Je laisse faire les choses sans moi. J’observe et laisse s’agiter les artisans.
J’ai préparé trois grandes valises pour la petite et moi. De quoi pouvoir vivre à l’hôtel pendant dix jours tranquillement.

Il ne peut rien arriver de vraiment grave.
Quelques contretemps, des imprévus mineurs, un peu d’aventure.
Nous sommes deux filles et un chat.
Nous nous adapterons.

Hommage à mon chat oups je veux dire à Monsieur E.


Je l’ai appelé « mon chat » pendant plusieurs années avant qu’il n’ose me dire qu’il détestait cela. Il trouve ça niais.
Monsieur E.
Je l’ai rencontré ici sur la toile, avec mon blog d’avant, celui d’Adigalia, au printemps 2008 (c’est fou tout ce qu’il s’est passé dans ma vie sur cette période là, j’ai rencontré un paquet de gens essentiels).
Lui il est toujours là et il s’avère que c’est mon siamois. Nous sommes connectés. Je sens quand il va bien ou quand il va mal. Et réciproquement.
Ce n’est pas un sentiment amoureux, c’est autre chose. C’est très fort.
Hier il est resté en contact téléphonique avec moi toute la soirée à me raconter des histoires pour faire diversion parce qu’il sait que je crève de peur quand il fait orage.
Il sait ce genre de chose sur moi.
Il sait à quel point je peux être perdue, il sait à quel point je peux être plaintive, il sait à quel point je peux être vulgaire, il sait à quel point je peux être hors norme, il sait à quel point je suis sensible jusqu’à la névrose.
On se ressemble (bien qu’il soit persuadé d’être nettement plus sombre que moi). (c’est possible).
Il sait à quel point je l’aime car il m’aime autant.
On passe un temps fou ensemble alors qu’on vit à 800 km de distance.
Très souvent on commence notre journée ensemble et on la finit ensemble, au téléphone, par texto, par mail.
En fait c’est rare qu’on passe une journée sans communiquer.
Il sait tout de moi. Vraiment tout. Plus que n’importe qui.
Je ne crains pas son regard ou son jugement, sa tendresse pour moi est infinie, son indulgence aussi.
Il accepte toutes mes maladresses, mes failles, mes défauts.
Bien sur c’est réciproque.
Un appel de lui et je fais les 800 km pour aller le sauver s’il me le demande.
Il ne le demande pas. Il est un peu sauvage. Sa solitude le guérit de tout. Savoir que je suis là lui suffit.
C’est fou d’être autant lié à quelqu’un.
Je me demande parfois si j’arriverais à lui survivre. Chut, il ne faut pas se poser ce genre de question.
On s’est vus plusieurs fois, j’aime ses enfants, j’aime sa mère. Pas toujours sa musique, j’adore sa plume, son humour désespéré parfois, sa sagesse (il a une expérience de la vie qui dépasse la mienne), ses photos, sa poésie, son intelligence fulgurante. Le voir évoluer est une expérience merveilleuse, c’est comme observer une étoile.
Quand il est en crise je pourrai faire n’importe quoi pour lui. Tuer ou mourir.
C’est mon fils, mon père, mon frère. Mon siamois.

Il aime une femme et je sais qu’ils seront bientôt ensemble parce qu’ils sont faits l’un pour l’autre.
Je prie pour qu’ils arrivent à se rejoindre.
Je prie pour qu’elle m’aime un tout petit peu pour que je ne perde pas mon frère siamois, mais si elle ne m’aime pas je m’écarterai.
Bien sur.

Et l’homme que j’aimerai aimera forcément Monsieur E.
Sinon il passera sa route.