De l’éternel féminin – histoire de menstruations

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui j’ai envie d’exprimer un ressenti un peu spécial.
Un ressenti de la femme que je suis.

Je vais parler de menstruations.
Parce que je regarde peu la télévision et qu’hier je suis tombée sur une publicité pour des tampons hygiéniques, qui met en action une « dame nature » revèche et mauvaise, qui empèche la pauvre héroïne de vivre sa vie.
Cette publicité m’a mise en colère. Encore un déni violent du féminin.

Je m’insurge avec toute mon énergie féminine contre ces idées répandues que la femme qui a ses règles est sale, impure, « indisposée », grognon, infréquentable, qu’elle sent mauvais ou autre.
Comment est-il possible que ce merveilleux cycle de vie soit à ce point perçu négativement ? y compris – SURTOUT – par les femmes elles-mêmes. Ce moment de recueillement, de renouvellement, de nouvelle proposition de vie, d’inscription dans le cycle de l’univers. Cette magnifique rythmique.

Les religions monothéistes ou patriarcales ont rendu tabou ce moment féminin avec une application toute particulière. Une peur et une superstition parlante … la femme qui saigne est une sorcière. Il existe des centaines de textes pour exprimer à quel point la femme qui a ses règle rate la mayonnaise, fait flétrir les fleurs, est chiante, émotivement insupportable, ne doit pas entrer dans les lieux sacrés, ne pas toucher un nourrisson ….

Les anciennes sociétés matriarcales et de spiritualité dite primaire (primordiale) fêtaient l’évènement et lui attribuaient une magie toute spéciale, rendant toute femme potentiellement « guérisseuse ». Les shamans femmes étant sensées être plus puissantes dans ces moments là, être reliées à la divinité universelle et au tout pour le bienfait de tous. Il n’y a presque pas de texte pour exprimer cet aspect des choses.

En un sens, lors de l’ovulation le corps de la femme appartient à la « race » ; elle est porteuse et elle est celle qui transmet potentiellement les codes génétiques, une fois qu’elle a assuré leur combinaison avec celles d’un homme et est assurée de la survie de cette combinaison. Elle est dans son extériorité, dans le don absolu.
Au cours de la menstruation, elle n’appartient qu’à elle-même ; elle traverse un processus de renouveau physique et psychique. Elle est à l’écoute de sa petite voix intérieure. Elle est dans son intériorité.

Sans doute que seule l’acceptation totale par la femme de son pouvoir, de son rythme lui permettra de se réconcilier avec ce qu’elle est vraiment. Sans douleur, sans humeurs néfastes.
« Je sens mes hormones bouleverser mon corps pour le rendre encore une fois fertile à tous points de vue, je médite et me recueille paisiblement. »

ARTICLE RECHERCHE MEDICALE
Une équipe de chercheurs américains a étudié les cellules présentes dans le sang menstruel, et ce qu’ils ont découvert pourrait avoir des conséquences très importantes dans un futur proche.
A l’origine de leurs recherches, la découverte récente de cellules-souches dans l’endomètre (muqueuse de l’utérus). Les cellules-souches sont des cellules capables en se multipliant de se différencier et de se « spécialiser » (par exemple en cellules musculaires, cellules cutanées, cellules hépatiques, …). Jusqu’à présent, les cellules-souches sont essentiellement issues de la moelle osseuse et du cordon ombilical.
Ces chercheurs ont eu la curiosité d’analyser le sang des règles, et ils y ont découvert des cellules capables de se multiplier beaucoup plus vite que les autres cellules-souches. Elles se divisent toutes les 20 heures, et fabriquent des taux de facteurs de croissance 100 000 fois plus élevés que les cellules-souches issues du cordon ombilical. Elles peuvent se différencier en 9 types de cellules différents (cardiaques, pulmonaires, hépatiques, …).
Ainsi, 5ml de sang menstruel ont fourni, en 2 semaines, suffisamment de cellules pour obtenir des cardiomyocytes (cellules musculaires cardiaques) pulsatiles (ayant des pulsations).
Ces nouvelles cellules-souches, baptisées cellules régénératives endométriales, pourront être une alternative à celles issues de la moelle osseuse ou du cordon ombilical, qui entraînent un risque de rejet parfois important.

Petit texte de circonstance de Jacques SALOME.

Régula est un drôle de phénomène, avec un caractère imprévisible. Je dirai même lunatique.
Elle menait une vie très curieuse ; quatre à cinq jours par mois à peine, elle se montrait au grand jour, avec hésitation ou parfois de façon intempestive, et d’autres fois encore de façon abondante- ce qui serait le mot le plus juste.
Le reste du mois Régula ne se manifestait pas. Rien. Pas un signe de vie. Le silence le plus complet. Elle restait à l’intérieur.
Régula avait tout entendu sur elle. On la traitait avec beaucoup de mépris, de honte…
Le comportement des autres, des femmes en particulier, était ambivalent.
On ne souhaitait pas réellement sa venue et on s’inquétait ou on se réjouissait fort dans certains cas de son absence.
Vous l’avez deviné, la vie de Régula était un vrai casse-tête. D’abord sa naissance. Elle arrivait sans prévenir, un dimanche ou un lundi, n’importe quel jour, à n’importe quelle heure. Et quand elle surgissait pour la première fois, il y avait beaucoup d’émotion chez la petite fille qui l’accueillait. Car Régula ne naissait que chez les petites filles dont l’âge variait entre onze ans et parfois seize, dix-sept ans.
Je vous l’ai dit. Elle arrivait sans crier gare, s’installait, se répandait durant trois, quatre, cinq jours. Sa couleur préférée était le rouge- rouge sang- pour tout dire.
Autrefois on l’accueillait dans des serviettes. A cette époque là, elle avait de la place.
Aujourd’hui, la plupart des femmes tentèrent de coincer Régula avec des petits tampons qui la comprimaient, la compressaient et l’absorbaient tout à la fois.
Je peux vous dire, elle aurait aimé couler librement sans retenue, au grand air. Régula ne comprenait ni le mystère, ni la honte, ni les sentiments très contradictoires qui l’entouraient.
Elle aurait aimé être acceptée pour ce qu’elle était, une honnête travailleuse, faisant ou accomplissant son boulot de nettoyage avec courage, ponctualité et rigueur.
Régula savait son rôle essentiel à la vie des femmes.
La plupart lui devaient beaucoup sans le savoir, bon sang.
Régula aurait mérité d’avoir une fête… un témoignage de reconnaissance qui montre enfin au grand jour le rôle essentiel qui était le sien.
A la fin de sa vie, quand Régula disparaissait définitivement, beaucoup de femmes se disaient soulagées, et plus encore disaient la regretter. Le rêve de Régula aurait été de trouver un corps de femme qui l’accueille inconditionnellement, sans réticence, sans cachotterie, sans ambiguïté.
Oh ! Ne croyez pas qu’elle ait espéré un jour être aimée, cela, elle n’avait jamais pu se l’avouer, au plus profond de son silence, au plus secret de sa détresse.
Si vous m’avez vraiment entendu, vous devez entendre que l’existence de Régula est le symbole de la solitude la plus poignante, celle de ne pas avoir donné la vie.
Quand une femme porte la vie en elle, Régula disparaît pour de longs mois sans hésiter, sans revendiquer, elle se cache alors derrière la Voie lactée. Quand elle revient triomphalement et que le cycle de sa propre existence reprend, elle bouillonne d’impatience d’être respectée, reconnue et pourquoi pas glorifiée !
J’aimerais pour ma part que Régula soit appelée par un nom personnalisé. J’inviterais chaque petite fille, dans les trois mois qui suivent son arrivée au monde, à lui donner un prénom, un petit nom familier qui l’identifie comme un personnage important, unique et respectable.
Je connais une petite fille qui disait : « Thérèse est revenue » ou encore « Thérèse ne va pas tarder ». Il y avait beaucoup d’affection entre Thérèse et elle ! Car le dévouement de Régula sera sans limites durant quarante ans de la vie d’une femme.
Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que Régula est un véritable baromètre pour les états d’âme. Elle est capable de faire mal, très mal au ventre le jour de son retour, quand elle sent que la femme qui la porte se vit mal comme femme ou s’accepte difficilement dans sa féminitude. Elle est comme ça , Régula.

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À propos de angelenemus

Artisan du MERVEILLEUR (à la recherche du MERVEILLEUX, en qualité de VEILLEUR, pour vivre le MEILLEUR)

Publié le 30 juillet 2012, dans LE MERVEILLEUR. Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

  1. C’est marrant, mais à te lire, j’ai en tête la blague de la nana qui va à la piscine avec son tampon et… qui vide la piscine ^^
    Non, on ne peut pas dire qu’avoir ses règles n’empêche pas certaines choses… Il y a quand même des choses où on est moins à l’aise quans on a ses règles que quand on ne les a pas…
    m’est avis.

  2. Dieu a dit :
    Femme, tu paieras de ton sang !

    Elle a décidé de payer par mensualités…
    .whouarf, arf arf

  3. Si les femmes dédramatisaient un peu, elles ne transmettraient pas des idées stupides à leurs enfants… Si les hommes savaient utiliser leurs neurones… bla bla bla… Avec des si !
    Des bisous pour toi…
    Suis encore allée en virée par chez toi…c’est toujours aussi beau… alors j’ai forcément eu une pensée supplémentaire pour toi 😉
    Des bisous !

  4. Heu… entre le « sale impur » et le « merveilleux magnifique », il n’y a pas des nuances ?

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