Archives Mensuelles: juillet 2012

Histoires de mecs


Après avoir parlé de ragnagnas, parlons un peu des mecs (ou plutôt de mes relations avec les mecs).
En ce qui me concerne, je n’ai aucun problème existentiel avec la gent masculine. J’évolue en parallèle, je travaille avec, je discute, je ris intelligemment, tout va bien.
Ca se complique quand la relation n’est plus humain-humain, mais femme-homme que je trouve attirant.
Là, je deviens tellement bète que j’ai honte de moi : absolument débile.
Une midinette de 14ans complètement niaise, qui en fait des tonnes, pas du tout naturelle.
Le contraire de la femme fatale.
Et je me prends des rateaux magnifiques.
Oh je sais que ça peut paraître mignon ou charmant une femme de 43ans qui rougit, parle trop fort, trop vite, bégaie, tient des propos décousus et patauge dans sa candeur ridicule, mais ce n’est pas trés glamour et ça ne donne pas forcément envie de demander son numéro de téléphone.
Je suis nulle pour draguer.
Il devrait y avoir un bouquin spécial pour moi : LA DRAGUE POUR LA NULLE.
Quand je suis terriblement attirée par un homme je suis incapable de jouer au jeu de la séduction, de tourner autour du pot, de me faire désirer.
Je dis ce que je pense et j’en fais des tonnes pour qu’on m’aime.
Je suis aussi nulle en relations amoureuses.
Il devrait y avoir un bouquin spécial pour moi : LES RELATIONS AMOUREUSES POUR LA NULLE.
J’interprète de travers, je ne comprends pas grand chose à ce qu’il se passe, je me fonds tellement dans ce que je crois que l’autre attend de moi que je disparais et suis obligée de me barrer en courant pour me retrouver.
Voici trois ans que je n’ai plus d’amoureux officiel.
Je suis quasiment convaincue que je ne suis pas faite pour l’amour et encore moins pour le couple.

J’en entends de toutes les couleurs de la part de mon entourage : la femme n’est pas grand chose sans homme dans cette étrange société.
Donc on essaie de me caser.
On me présente à plein de mecs célibataires plus ou moins intéressants (plutôt moins d’ailleurs) en me disant qu’ils sont F.O.R.M.I.D.A.B.L.E.S.
Là par contre c’est râre que j’en perde mon cerveau à cause de mes émotions pré-pubères.
C’est trés embettant. Je résume méchamment ; l’homme célibataire de plus de quarante ans : il a eu une vie avant, soit il a fait la bringue jusqu’à présent et cherche à se caser – maison à crédit – bébés – clubmed Djerba ; soit il a été marié avant et a un besoin vital de se refaire un petit coup d’adolescence fiesta à gogo- partouzes – alcool. (Ok je schématise à mort mais j’ai le droit)
Il y a aussi le genre : « je sens que l’artiste en moi s’éveille et je cherche une femme pour m’entretenir pendant que je crée. »
Trés amusant, la façon dont ces mecs vous mettent un râteau, avec une apparente délicatesse (au lieu de juste dire « non merci madame vous ne m’attirez pas du tout ») : j’entends  « je ne suis pas prêt » (à 50ans si tu n’es pas prêt à t’engager c’est que c’est foutu pour toi mon gars), « je ne me sens pas à la hauteur » (grand classique qui veut tout dire et ne rien dire, tu flattes légèrement l’ego de la fille, « c’est moi qui ai un problème, ça n’est pas toi ») variante « tu es trop bien pour moi, tu mérites mieux qu’un mec comme moi » (quand j’entends ça maintenant j’approuve et j’argumente : « tu as raison, tu n’es pas à la hauteur, je suis une divine déesse et vraiment jamais de la vie tu ne pourrais me combler, je veux que l’homme de ma vie soit un homme, un vrai »).
Il y a aussi la série des « trop » et des »pas assez ».
Ca on ne te le dit pas en face, ça te revient en secondes mains par quelqu’un qui répète : trop grosse, trop vieille, trop bizarre, pas assez sportive, pas assez disponible, pas assez docile, …
Ce qui est amusant malgré tout, c’est de réaliser quel genre de femme ils souhaitent dans leur vie alors qu’eux mêmes ne sont pas à  proprement parler des canons de beauté, pas super séduisants, pas super intelligents, ni riches, ni charismatiques. Pour certains on peut carrément se demander ce qu’ils ont à offrir.
Je me rappelle avoir dîné avec un homme de la cinquantaine qui d’entrée m’a dit « on ne parle ni de mes cheveux, ni de mon âge ». Par contre lui m’a fait le listing de tout ce qu’il attendait d’une femme (j’ai immédiatement compris ce qu’il pensait de moi) ses mensurations, son âge, ses qualités et surtout ses goûts sexuels.
Sauf que la femme de sa vie, si toutefois elle existe, ne s’intéressera jamais à un minable comme lui.
Incompréhensible.
Il est où l’amour dans tout ça ? l’amour sans peur, sans arrière pensée, sans doutes.

Le mec est pour moi un être étrange et un peu inquiétant.
Je ne le comprends pas du tout et aimerais bien que mes hormones ne me poussent pas vers lui.
Et le prochain qui m’organise un rendez vous je le baffe.

Publicités

De l’éternel féminin – histoire de menstruations


Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui j’ai envie d’exprimer un ressenti un peu spécial.
Un ressenti de la femme que je suis.

Je vais parler de menstruations.
Parce que je regarde peu la télévision et qu’hier je suis tombée sur une publicité pour des tampons hygiéniques, qui met en action une « dame nature » revèche et mauvaise, qui empèche la pauvre héroïne de vivre sa vie.
Cette publicité m’a mise en colère. Encore un déni violent du féminin.

Je m’insurge avec toute mon énergie féminine contre ces idées répandues que la femme qui a ses règles est sale, impure, « indisposée », grognon, infréquentable, qu’elle sent mauvais ou autre.
Comment est-il possible que ce merveilleux cycle de vie soit à ce point perçu négativement ? y compris – SURTOUT – par les femmes elles-mêmes. Ce moment de recueillement, de renouvellement, de nouvelle proposition de vie, d’inscription dans le cycle de l’univers. Cette magnifique rythmique.

Les religions monothéistes ou patriarcales ont rendu tabou ce moment féminin avec une application toute particulière. Une peur et une superstition parlante … la femme qui saigne est une sorcière. Il existe des centaines de textes pour exprimer à quel point la femme qui a ses règle rate la mayonnaise, fait flétrir les fleurs, est chiante, émotivement insupportable, ne doit pas entrer dans les lieux sacrés, ne pas toucher un nourrisson ….

Les anciennes sociétés matriarcales et de spiritualité dite primaire (primordiale) fêtaient l’évènement et lui attribuaient une magie toute spéciale, rendant toute femme potentiellement « guérisseuse ». Les shamans femmes étant sensées être plus puissantes dans ces moments là, être reliées à la divinité universelle et au tout pour le bienfait de tous. Il n’y a presque pas de texte pour exprimer cet aspect des choses.

En un sens, lors de l’ovulation le corps de la femme appartient à la « race » ; elle est porteuse et elle est celle qui transmet potentiellement les codes génétiques, une fois qu’elle a assuré leur combinaison avec celles d’un homme et est assurée de la survie de cette combinaison. Elle est dans son extériorité, dans le don absolu.
Au cours de la menstruation, elle n’appartient qu’à elle-même ; elle traverse un processus de renouveau physique et psychique. Elle est à l’écoute de sa petite voix intérieure. Elle est dans son intériorité.

Sans doute que seule l’acceptation totale par la femme de son pouvoir, de son rythme lui permettra de se réconcilier avec ce qu’elle est vraiment. Sans douleur, sans humeurs néfastes.
« Je sens mes hormones bouleverser mon corps pour le rendre encore une fois fertile à tous points de vue, je médite et me recueille paisiblement. »

ARTICLE RECHERCHE MEDICALE
Une équipe de chercheurs américains a étudié les cellules présentes dans le sang menstruel, et ce qu’ils ont découvert pourrait avoir des conséquences très importantes dans un futur proche.
A l’origine de leurs recherches, la découverte récente de cellules-souches dans l’endomètre (muqueuse de l’utérus). Les cellules-souches sont des cellules capables en se multipliant de se différencier et de se « spécialiser » (par exemple en cellules musculaires, cellules cutanées, cellules hépatiques, …). Jusqu’à présent, les cellules-souches sont essentiellement issues de la moelle osseuse et du cordon ombilical.
Ces chercheurs ont eu la curiosité d’analyser le sang des règles, et ils y ont découvert des cellules capables de se multiplier beaucoup plus vite que les autres cellules-souches. Elles se divisent toutes les 20 heures, et fabriquent des taux de facteurs de croissance 100 000 fois plus élevés que les cellules-souches issues du cordon ombilical. Elles peuvent se différencier en 9 types de cellules différents (cardiaques, pulmonaires, hépatiques, …).
Ainsi, 5ml de sang menstruel ont fourni, en 2 semaines, suffisamment de cellules pour obtenir des cardiomyocytes (cellules musculaires cardiaques) pulsatiles (ayant des pulsations).
Ces nouvelles cellules-souches, baptisées cellules régénératives endométriales, pourront être une alternative à celles issues de la moelle osseuse ou du cordon ombilical, qui entraînent un risque de rejet parfois important.

Petit texte de circonstance de Jacques SALOME.

Régula est un drôle de phénomène, avec un caractère imprévisible. Je dirai même lunatique.
Elle menait une vie très curieuse ; quatre à cinq jours par mois à peine, elle se montrait au grand jour, avec hésitation ou parfois de façon intempestive, et d’autres fois encore de façon abondante- ce qui serait le mot le plus juste.
Le reste du mois Régula ne se manifestait pas. Rien. Pas un signe de vie. Le silence le plus complet. Elle restait à l’intérieur.
Régula avait tout entendu sur elle. On la traitait avec beaucoup de mépris, de honte…
Le comportement des autres, des femmes en particulier, était ambivalent.
On ne souhaitait pas réellement sa venue et on s’inquétait ou on se réjouissait fort dans certains cas de son absence.
Vous l’avez deviné, la vie de Régula était un vrai casse-tête. D’abord sa naissance. Elle arrivait sans prévenir, un dimanche ou un lundi, n’importe quel jour, à n’importe quelle heure. Et quand elle surgissait pour la première fois, il y avait beaucoup d’émotion chez la petite fille qui l’accueillait. Car Régula ne naissait que chez les petites filles dont l’âge variait entre onze ans et parfois seize, dix-sept ans.
Je vous l’ai dit. Elle arrivait sans crier gare, s’installait, se répandait durant trois, quatre, cinq jours. Sa couleur préférée était le rouge- rouge sang- pour tout dire.
Autrefois on l’accueillait dans des serviettes. A cette époque là, elle avait de la place.
Aujourd’hui, la plupart des femmes tentèrent de coincer Régula avec des petits tampons qui la comprimaient, la compressaient et l’absorbaient tout à la fois.
Je peux vous dire, elle aurait aimé couler librement sans retenue, au grand air. Régula ne comprenait ni le mystère, ni la honte, ni les sentiments très contradictoires qui l’entouraient.
Elle aurait aimé être acceptée pour ce qu’elle était, une honnête travailleuse, faisant ou accomplissant son boulot de nettoyage avec courage, ponctualité et rigueur.
Régula savait son rôle essentiel à la vie des femmes.
La plupart lui devaient beaucoup sans le savoir, bon sang.
Régula aurait mérité d’avoir une fête… un témoignage de reconnaissance qui montre enfin au grand jour le rôle essentiel qui était le sien.
A la fin de sa vie, quand Régula disparaissait définitivement, beaucoup de femmes se disaient soulagées, et plus encore disaient la regretter. Le rêve de Régula aurait été de trouver un corps de femme qui l’accueille inconditionnellement, sans réticence, sans cachotterie, sans ambiguïté.
Oh ! Ne croyez pas qu’elle ait espéré un jour être aimée, cela, elle n’avait jamais pu se l’avouer, au plus profond de son silence, au plus secret de sa détresse.
Si vous m’avez vraiment entendu, vous devez entendre que l’existence de Régula est le symbole de la solitude la plus poignante, celle de ne pas avoir donné la vie.
Quand une femme porte la vie en elle, Régula disparaît pour de longs mois sans hésiter, sans revendiquer, elle se cache alors derrière la Voie lactée. Quand elle revient triomphalement et que le cycle de sa propre existence reprend, elle bouillonne d’impatience d’être respectée, reconnue et pourquoi pas glorifiée !
J’aimerais pour ma part que Régula soit appelée par un nom personnalisé. J’inviterais chaque petite fille, dans les trois mois qui suivent son arrivée au monde, à lui donner un prénom, un petit nom familier qui l’identifie comme un personnage important, unique et respectable.
Je connais une petite fille qui disait : « Thérèse est revenue » ou encore « Thérèse ne va pas tarder ». Il y avait beaucoup d’affection entre Thérèse et elle ! Car le dévouement de Régula sera sans limites durant quarante ans de la vie d’une femme.
Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que Régula est un véritable baromètre pour les états d’âme. Elle est capable de faire mal, très mal au ventre le jour de son retour, quand elle sent que la femme qui la porte se vit mal comme femme ou s’accepte difficilement dans sa féminitude. Elle est comme ça , Régula.

Histoire de mon bébé


Mon bébé grandit.
Et c’est peu de le dire. 10ans et demi, 1m50 et le téton droit qui pousse.
Elle (est) devient un être autre que moi.
Et elle réussit à me mettre dans des rages que j’ai du mal à gérer.
Il n’y a pas grand monde dans ma vie qui réussisse à me mettre dans cet état : ma mère, mon ex, ma fille.
Oh je vois bien leur point commun : leur proximité … moi qui ne laisse approcher personne en réalité.
Ces trois là me connaissent tellement bien qu’ils arrivent – avec un investissement intellectuel minimal – à me rendre dingue, à me faire sortir de mes gongs, à me faire fulminer et hurler, à me faire écumer de rage.
Moi qui suis cérébrale, intellectuelle, raisonnable et stoïque.
Ma mère et mon ex je leur faisais peur. Ma fille non.
Même pas sortie de l’enfance, pas encore ado, ni pré-ado.
Avec son cerveau hors norme, elle me paralyse, parfois tellement sensible que j’encaisse les coups à sa place, parfois dure comme un silex, c’est elle qui me met à mort avec une efficacité inégalée.
Mon bébé que j’aime plus que tout au monde, pour laquelle j’ai tout sacrifié.
Mon bébé si fragile et si puissante.
Juste mon bébé qui devient femme et qui m’écrabouille pour y parvenir.


C’est le temps béni des vacances. Le vent fait des noeuds d’hirondelles. Le jour est rond comme une amande. Tout le village sent le miel. Le soleil a pendu sa lampe Juste au-dessus des vaches blanches Etonnées de n’avoir plus d’ombre, Mais les prairies qui, près du bois, Tremblent doucement sous leurs poids N’ont jamais été si profondes.

(Maurice Carême)

SOLEIL ROUGE


Je n’avais pas mis les pieds en Espagne depuis mes 15ans (houla, ça date pas d’hier)
J’habite à 2h et demi de route de l’Espagne … ça faisait un moment que j’avais envie de me réconcilier avec le pays (l’unique fois où j’y suis allée ça s’est mal passé, mais je ne vais pas raconter, c’est du passé justement).
Un copain projetait d’acheter une propriété sur la frontière, il m’a demandé de l’accompagner professionnellement pour le seconder, et m’a invitée avec d’autres amis à aller balader ensuite en Espagne.
Cadaquès est un joli village côtier complètement rempli de touristes – qui ne m’a pas franchement dépaysée de Palavas les Flots ou La Grande Motte – cependant j’ai pu parler mon espagnol rouillé (mais toujours là) et ça m’a fait plaisir.
C’était un peu l’aventure mais pas trop.
Tout était géré et maîtrisé (j’y suis allée avec ma fillette et je joue la sécurité).
J’ai acheté un délicieux chapeau de paille pour moi, un bracelet pour la Tchoutchou, les copains se sont occupés des tapas, sangria, cartes routières et arrêts pipi.
Mais bien sur la vie n’est pas un long fleuve tranquille.
Je précise que toutes nos affaires étaient en France, dans ma voiture (nous sommes partis avec une seule voiture), sur un parking à la frontière et que nous étions en tenue de plage.

Il y a eu cet énorme incendie abominable qui a obscurci le ciel. C’était énorme, cataclysmique, angoissant.
La montagne était en flammes, le ciel était ocre de fumée, ça piquait les yeux et la gorge, et surtout, le soleil était rouge.
Et ça, franchement, en termes de réminescences humaines, du plus profond de mon adn, du plus profond de mon âme éternelle, c’est une horreur.
Quand le soleil est rouge, on est au delà du mauvais présage, on navigue en pleine apocalypse.
Ce coin d’Espagne avait un air de fin du monde. C’était le chaos.
Pompiers (bombers) garde civile (guardia civile) ça clignotait de partout dans un désordre incommensurable.
On était sur l’autoroute pour rentrer en France, il y avait une fumée dense qui envahissait tout, et des types hagards avec des masques qui couraient au milieu de la chaussée.
On nous a fait faire demi tour – la frontière étant en feu – mais sans aucune précision, sans directives. L’ordre était donné par un gamin couvert de suie.
Le capitaine de la voiture, voyant mon stress (ma fille était en pleine crise d’angoisse) a pris les choses en mains : on a filé loin sur la côte LA COSTA BRAVA (brava au sens sauvage). Il a trouvé un hôtel avec des chambres (cher et pas terrible, mais propre). Un endroit où l’eau qui sort du robinet n’est pas potable. Où il n’y a que trois chaînes de télé qui parlent de l’incendie de la décennie alors que tu cherches des dessins animés qui font rire, un endroit où il n’y a pas de resto pour dîner le soir si tu es un touriste. Ils ne parlent que Catalan et n’aiment pas les français.
On s’en foutait, on a bu l’eau chaude de nos bouteilles en plastique, grignotté sur un banc le jambon cru acheté plus tôt, avec les galettes au maïs, englouti un fromage puant et délicieux, et bu une piquette tiédasse tout à fait à propos.
Ma tchoutchou s’est écroulée de fatigue et nous pas loin.
Nous avons réglé le réveil à 6h.

Le chemin de retour avait des allures de marche funèbre.
La route était praticable dans notre sens. Mais tout était noir et désolé.
Il régnait un silence de mort, pas d’oiseaux, pas d’autres véhicules.Pas de vie.
Il pleuvait des cendres, et sur notre gauche il y avait encore des flammes, des canadairs crachant des cargaisons rouges et des gars épuisés en train de se battre.
Il fallait garder les fenêtres fermées, pour la fumée, pour l’odeur, pour l’air brûlant.
Personne ne parlait.
Nous nous sentions rescapés de la fin du monde.
Nous avons gardé le silence longtemps, y compris quand nous avons croisé, sur des dizaines de kilomètres, les touristes qui étaient bloqués dans l’autre sens, qui voulaient à tout prix passer, pour ne pas perdre un jour de vacances, qui avaient dormi sur la route, les bus, les caravanes, les camions.
Nous étions seuls sur la route dans ce sens là.
Un peu hébétés.
Conscients d’avoir été involontairement les témoins d’un évènement important, changés au plus profond de nous, bouleversés pour un bon moment.

Absurde Vaudeville


(j’ai changé les prénoms évidemment)

Donc, nous étions une bande de copains qui prenaient plaisir à passer du temps ensemble.
Quelques goûts en commun, tous célibataires de plus de quarante ans.
Nous faisions des randonnées, des sorties culturelles, nous allions les uns chez les autres en nous faisant goûter nos plats de prédilection, nous échangions des livres, des idées, nous rions beaucoup. La renaissance de l’après divorce.
Nos enfants se mélangeaient gentiment.
C’était sain et joyeux.

Mais voilà, il y a eu des histoires d’amour et des histoires de fesses ratées.
Anselme est tombé trés amoureux de Cunégonde, qui elle ne l’aime pas du tout (pas du tout du tout attirée) et vu qu’elle aime encore son ex. Il est vert de jalousie et lui casse les pieds en la harcelant. Iphigénie aime Rodolphe qui aime toutes les femmes du groupe avec un faible pour Cunégonde, mais comme il est le meilleur ami d’Anselme il ne tente rien. Iphigénie a présenté Pietr à Cunégonde dans l’espoir que Rodolphe s’éloigne d’elle. Mais ça n’a pas marché et Pietr a râlé. Puis Iphigénie a pris un râteau avec Rodolphe et en veut à Cunégonde qui est irritée vu qu’elle n’a rien demandé. Elle veut juste que son ex revienne. Tout le monde lui dit tout le temps qu’il ne reviendra pas. Entre temps Rodolphe a couché avec Joséphine, mais c’était juste pour passer le temps, vu que Joséphine a plein d’amants car elle a de gros besoins, donc Iphigénie lui en veut aussi. Par contre Joséphine a un faible pour Anselme qu’elle trouve envoûtant, et Anselme il s’en fout d’elle, il trouve qu’elle a la cuisse un peu trop légère. Alors Joséphine en veut à Cunégonde parce qu’Anselme est triste.
Et ça papotte par ci par là, parfois avec méchanceté, parfois avec une fausse indulgence.

Bref Cunégonde en a eu plein le dos, elle a envoyé bouler tout le monde et s’est cassée du groupe. Mais ça lui manque.

Irréversibilité de la SECONDE LOI


 

Le deuxième principe de la thermodynamique (également connu sous le nom de deuxième loi de la thermodynamique ou principe de Carnot) établit l’irréversibilité des phénomènes physiques, en particulier lors des échanges thermiques. C’est un principe d’évolution qui fut énoncé pour la première fois par Sadi Carnot en 1824. Il a depuis fait l’objet de nombreuses généralisations et formulations successives par Clapeyron (1834), Clausius (1850), Lord Kelvin, Ludwig Boltzmann en 1873 et Max Planck (voir Histoire de la thermodynamique et de la mécanique statistique), tout au long du XIXe siècle et au-delà.

Le second principe introduit la fonction d’état entropie : S, usuellement assimilée à la notion de désordre qui ne peut que croître au cours d’une transformation réelle.

CHRONIQUES DE MEDISANCES ORDINAIRES


Je suis hautement normale. Plus trés jeune, moyennement attractive, intelligence légèrement au dessus du panier mais rien d’exceptionnel.
Je me lève à 6h30 pour être au travail à 8h30.
Je reste sur mes dossiers non-stop jusqu’à 18h (parfois un peu plus)
Je rentre, je m’occupe de ma fille, je dîne, je lis, ou joue, ou écris, ou fais du ménage.
Parfois le week end quand j’ai assez d’énergie je me ballade un peu, plage, rando, vélo, ou autre.
Je tchatche avec quelques amis proches, je ne sors quasiment pas, je vis ma solitude sans faire chier personne.

Vraiment rien de notable.
Et pourtant, je me retrouve encore une fois au milieu d’un cercle de médisance.
Ces saletés de personnes qui sont tellement insipides qu’ils n’ont rien d’autre à faire que commenter sans fin mes faits, gestes, dires, actes.
Trés dur de rester indifférente.
C’est mauvais et imparable.
Ca parle de mon célibat, ça parle de mes amours défuntes, ça parle de mes revenus, de mes relations avec mon ex, des mes nouveaux amis ésotériques, de mon boulot, de mon poids, de ce que j’écris sur facebook, ça décortique tout pour le plaisir de casser et de se sentir moins minable comparativement, ça se moque sans savoir, ça colporte et ça en rajoute dans le sordide.

Ca fait du mal pour rien.

Ca donne envie de ne plus voir personne et de disparaitre dans un trou sombre.
Comment faire pour ne plus être confronté à l’infame.

L’OURSE qui est en moi


J’aime bien l’ourse qui vit en moi.
Puissante, violente, dangereuse, sauvage voire même primitive.
Citlaxonecuilli.
Paisible la plupart du temps
Parfois l’ourse sort, quand on dépasse les bornes, quand on la pousse à bout.
Nature imprévisible et tranchante.

STONE