Histoire de BAGUE

Ce matin, elle est arrivée vers moi, totalement en transe : « il m’a offert une bague, c’est énorme, je suis toute excitée, je pleure et je ris, enfin bref je mouille de partout … bon par contre il n’a rien dit, je ne sais pas trop si c’est une demande de fiançailles, de mariage ou quoi.»
Haaa, très chère … petite bonne femme qui  vit son rêve ancestral de princesse et de prince. Elle arpente les couloirs avec sa bague en avant, toute émerveillée et remplie d’amour. Elle chantonne et danse d’un pas léger. Réalise-t’elle quelle femme merveilleuse elle est, et le cadeau qu’elle fait à ce garçon de l’aimer comme ça ? sûrement pas.

Ça me fait sourire de la voir comme ça. Je me sens un peu vieille, une rombière désenchantée.
Je me demande à quel moment j’ai cessé de porter des bagues. Certes parce que l’objet en lui-même me gêne, mais surtout parce que je n’en supporte pas la symbolique. J’avais l’habitude de dire « baguée comme un pigeon ».
J’ai très vite arrêté de porter ma bague de fiançailles et mon alliance, ce qui mettait mon mari en fureur.
Je lui avais suggéré de m’offrir des bracelets – j’adore les bracelets – ou des colliers.
Mais pour lui ce n’était pas pareil : « Quand tu portes ton alliance, tu acceptes de montrer à tout le monde que tu es prise, que tu es à moi ».
« Nous sommes mariés, mais pour autant je ne suis pas à toi, de même que tu n’es pas à moi. »
« Bien sûr que si je suis à toi ».

Le débat devenant houleux à chaque fois, je n’entrais pas en conflit et portais la bague quelques temps … et puis l’oubliais à nouveau quelque part. Il la trouvait, venait me la remettre symboliquement en me regardant dans les yeux avec un air de souffrance qui me culpabilisait.
Depuis que je l’ai quitté j’ai totalement cessé de porter une quelconque bague.

Je bénis mon destin de vivre dans cette société ci à cette période ci.
Je n’ai pas besoin – économiquement – d’un homme pour vivre ma vie.
Pas d’obligation d’être « baguée ».

Je me rappelle la dernière demande en mariage que l’on m’a faite (j’en ai eu 8 dans ma vie), c’était surréaliste, le gentil garçon (d’un certain âge), empêtré dans ses schémas classiques, estimait sans l’avouer,  qu’il me faisait une faveur. « vous êtes jeune, jolie, intelligente … ça me va ».  Il m’offrait l’occasion de continuer ma vie paisiblement (il en avait marre de la solitude, d’errer à la recherche d’une femme pour finir ses jours et prendre soin de lui), la sécurité financière avec la possibilité d’être entretenue (il préférait que j’arrête de bosser pour m’occuper de lui), la garantie d’avoir des relations sexuelles régulièrement (la fin de cette quête pénible et dégradante), un bras pour sortir (il ne supportait pas de sortir seul), une bague symbole de mon asservissement (gros diam alléchant). Jolie cage dorée, mais cage tout de même.
En réalité c’est plutôt moi qui lui aurais fait une faveur  … pas si jeune, pas jolie, mais effectivement plus intelligente que lui.
Le mariage n’est absolument pas un scenario idéal en ce qui me concerne.
Je veux être libre.
J’envisage l’amour et le couple comme une relation d’échanges et de partages. Je fuis les jaloux et les possessifs. Ceux qui me disent comment m’habiller, comment faire le ménage et cuisiner, comment  penser, comment sourire, comment passer mon temps.
Je rêve d’un  foyer chaleureux et gai pour planter mes racines, mais de liberté consentie pour déployer mes ailes. Et j’offre la réciprocité évidemment . Chacun enrichissant  la « maison » de l’énergie de ses expériences dans le monde extérieur (je parle d’expériences en général,  ce n’est pas un propos graveleux). Pas essentiel non plus de faire maison commune.
Et surtout pas de bague. Je veux continuer à évoluer librement.
Je suis avec toi parce que c’est mon choix, parce que c’est bon d’être avec toi, parce que tu as aussi envie d’être avec moi, parce qu’on ne s’ennuie jamais ensemble, parce que nous sommes liés par un désir mutuel et non par des obligations.

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À propos de angelenemus

Artisan du MERVEILLEUR (à la recherche du MERVEILLEUX, en qualité de VEILLEUR, pour vivre le MEILLEUR)

Publié le 30 mai 2012, dans Non classé. Bookmarquez ce permalien. 9 Commentaires.

  1. Comme je partage cette pensée !

  2. He he
    Je te rapelle que le couple
    C’est tenter de résoudre a 2
    des problèmes que l’on a pas seul (e)

    😉

  3. parfois c’est pas un mal de s’ennuyer ensemble

  4. Faire un back up avant toute bague down …

  5. Il se trouve que je porte une bague, ma bague. Deux mains qui tiennent une perle noire. Je me la suis offerte en partant. Je n’en avais jamais porté auparavant.
    Bisous Angel

  6. J’aime les bagues,j’en porte régulièrement,des souvenirs de voyages…Ravi d’avoir de tes nouvelles,le bonheur ne semble pas affecter l’acuité de ton regard et la qualité de ta plume. 🙂 Bisou

  7. C’est triste d’avoir ce type de pensées (pas de maison commune, impression de supériorité intellectuelle sur l’autre (!), impression de faire une faveur (!!!)…). C’est un peu le matériel qui prend le dessus sur l’émotionel là! Il existe heureusement de très belles histoires pour lesquelles les bagues ou leur absence n’ont absolument aucune incidences!

  8. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé porter des bagues.
    Enfant, je convoitais de loin une (très jolie) bague de ma maman, et je portais de la pacotille (offerte par ma maman, complice de l’affaire) quasi-quotidiennement.
    Ado, je ME suis offert des bagues en argent et en ambre, que j’ai portées des années, sans jamais les enlever.
    Et puis, la vie avançant, j’ai hérité de jolies bagues de mes grands-mères, et ma maman m’a transmise la bague que je lui enviais tant enfant…

    Des bijoux cadeaux d’amoureux ? J’en ai eu oui… mais jamais de bague.

    Un jour, un ami – persuadé que toutes les jolies bagues que je portais aux doigts m’avaient été offertes par mon amoureux (le même depuis des années) – m’avait fait remarquer que j’étais « baguée », liée à lui par les bijoux… Il avait été fort surpris d’apprendre que, non, mes bagues n’étaient aucunement des « signes d’appartenance » offerts par mon amoureux, mais des souvenirs de famille, de moments…

    Je n’aime pas le « symbole » d’engagement bien trop fort à mes yeux que l’on donne quasi-systématiquement aux bagues. J’aime les bagues. Ce sont – et de loin – mon bijou préféré. Si on m’en offre une, je l’accepterai avec joie… Mais sans y voir un quelconque engagement de la part du généreux donateur.

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