Archives Mensuelles: mai 2012

Histoire de BAGUE


Ce matin, elle est arrivée vers moi, totalement en transe : « il m’a offert une bague, c’est énorme, je suis toute excitée, je pleure et je ris, enfin bref je mouille de partout … bon par contre il n’a rien dit, je ne sais pas trop si c’est une demande de fiançailles, de mariage ou quoi.»
Haaa, très chère … petite bonne femme qui  vit son rêve ancestral de princesse et de prince. Elle arpente les couloirs avec sa bague en avant, toute émerveillée et remplie d’amour. Elle chantonne et danse d’un pas léger. Réalise-t’elle quelle femme merveilleuse elle est, et le cadeau qu’elle fait à ce garçon de l’aimer comme ça ? sûrement pas.

Ça me fait sourire de la voir comme ça. Je me sens un peu vieille, une rombière désenchantée.
Je me demande à quel moment j’ai cessé de porter des bagues. Certes parce que l’objet en lui-même me gêne, mais surtout parce que je n’en supporte pas la symbolique. J’avais l’habitude de dire « baguée comme un pigeon ».
J’ai très vite arrêté de porter ma bague de fiançailles et mon alliance, ce qui mettait mon mari en fureur.
Je lui avais suggéré de m’offrir des bracelets – j’adore les bracelets – ou des colliers.
Mais pour lui ce n’était pas pareil : « Quand tu portes ton alliance, tu acceptes de montrer à tout le monde que tu es prise, que tu es à moi ».
« Nous sommes mariés, mais pour autant je ne suis pas à toi, de même que tu n’es pas à moi. »
« Bien sûr que si je suis à toi ».

Le débat devenant houleux à chaque fois, je n’entrais pas en conflit et portais la bague quelques temps … et puis l’oubliais à nouveau quelque part. Il la trouvait, venait me la remettre symboliquement en me regardant dans les yeux avec un air de souffrance qui me culpabilisait.
Depuis que je l’ai quitté j’ai totalement cessé de porter une quelconque bague.

Je bénis mon destin de vivre dans cette société ci à cette période ci.
Je n’ai pas besoin – économiquement – d’un homme pour vivre ma vie.
Pas d’obligation d’être « baguée ».

Je me rappelle la dernière demande en mariage que l’on m’a faite (j’en ai eu 8 dans ma vie), c’était surréaliste, le gentil garçon (d’un certain âge), empêtré dans ses schémas classiques, estimait sans l’avouer,  qu’il me faisait une faveur. « vous êtes jeune, jolie, intelligente … ça me va ».  Il m’offrait l’occasion de continuer ma vie paisiblement (il en avait marre de la solitude, d’errer à la recherche d’une femme pour finir ses jours et prendre soin de lui), la sécurité financière avec la possibilité d’être entretenue (il préférait que j’arrête de bosser pour m’occuper de lui), la garantie d’avoir des relations sexuelles régulièrement (la fin de cette quête pénible et dégradante), un bras pour sortir (il ne supportait pas de sortir seul), une bague symbole de mon asservissement (gros diam alléchant). Jolie cage dorée, mais cage tout de même.
En réalité c’est plutôt moi qui lui aurais fait une faveur  … pas si jeune, pas jolie, mais effectivement plus intelligente que lui.
Le mariage n’est absolument pas un scenario idéal en ce qui me concerne.
Je veux être libre.
J’envisage l’amour et le couple comme une relation d’échanges et de partages. Je fuis les jaloux et les possessifs. Ceux qui me disent comment m’habiller, comment faire le ménage et cuisiner, comment  penser, comment sourire, comment passer mon temps.
Je rêve d’un  foyer chaleureux et gai pour planter mes racines, mais de liberté consentie pour déployer mes ailes. Et j’offre la réciprocité évidemment . Chacun enrichissant  la « maison » de l’énergie de ses expériences dans le monde extérieur (je parle d’expériences en général,  ce n’est pas un propos graveleux). Pas essentiel non plus de faire maison commune.
Et surtout pas de bague. Je veux continuer à évoluer librement.
Je suis avec toi parce que c’est mon choix, parce que c’est bon d’être avec toi, parce que tu as aussi envie d’être avec moi, parce qu’on ne s’ennuie jamais ensemble, parce que nous sommes liés par un désir mutuel et non par des obligations.

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Dolce farniente


Dolce farniente

ANGEL ENEMUS


Voici quelques semaines que je me suis éloignée de ce blog, de mon ordinateur, d’internet, de tout ce monde virtuel en fait.
Rien n’allait plus et ça prenait trop de place.
Mais l’écriture me titille, et je n’ai pas envie de créer un autre blog ailleurs alors que je suis tellement devenue ANGEL ENEMUS.

Beaucoup de choses se sont passées.
Presque une vie en fait, en si peu de temps.
Bonheur, tristesse, révélations, douceur, appaisement, joie, rencontres, séparations, de longs moments de solitude et d’introspection, d’incroyables échanges amoureux, amicaux, des réunions de philosophes, du yoga, des échanges d’énergies,
de nouvelles personnes font partie de ma vie, d’autres en sont parties,
comme toujours j’ai vécu des moments farfelus, loufoques, improbables,
je plane un peu moins dans les strates de mon monde onirique,
je me suis ré-ancrée dans le réel.
Ma vibration a changé.
J’ai trié mes papiers, mis de l’ordre,
j’ai repris ma liberté si durement acquise
j’ai accepté certaines contraintes matérielles en sachant que ce n’était que temporaire,
j’ai trouvé en moi de nouveaux potentiels qui me font jubiler littéralement.

Je suis toujours là, malgré les tempètes ou plutot grace à elles …
Et je me centre de plus en plus.
ho oui. Vraiment.
Je sais parfaitement ce que je veux.

Voilà … j’arrête de raconter ma vie, ce blog n’est pas un journal intime, c’était juste une remise à niveau,

je continue l’écriture.

Cqfd


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