Archives Mensuelles: juin 2011

IRON


pendant ce temps


là je vis

pas le temps d’écrire

ici et maintenant


VIVRE L’INSTANT PRESENT TOTALEMENT

NE PAS IMAGINER QU’IL Y AURA UN LENDEMAIN

CHASSEUR DE NUAGES (y’a des nuages plus sympa que d’autres)


A propos d’éjouissance


Les trois ivresses, les trois essences primordiales :

 se sentir femme sous le corps d’un homme aimé

se sentir fleur sous un ciel bleu

se sentir néant dans la musique …

douceur de la nuit


CHRONIQUES DE L’ORDINAIRE – L’histoire de Romane


Romane je ne la connais pas, je ne l’ai jamais vue.

J’ai juste entendu parler d’elle.

C’est Henri qui m’en a parlé.

Hier il a vécu sa journée en enfer : ho bien sur il y avait quelques tracas matériels qu’il fallait gérer urgemment et qui l’ont mis en rogne dès le matin, mais surtout, il a reçu un appel affolé de la voisine de Romane « ELLE A DISPARU !! »

Il a donc passé sa matinée à la chercher. Sa Romane.

Son appartement était vide et bien rangé. Pas de Romane. Il a vraiment stressé.

Le problème majeur entre Henri et Romane, c’est qu’ils n’ont aucun lien de parenté.

Quand le policier a demandé à Henri … ça a été compliqué : « Romane a 89ans, mesure approximativement 1m30 (elle est toute courbée), elle est d’origine espagnole, sale caractère, tétue comme une mule, quasiment aveugle, c’est ma nounou – la deuxième maman dont je m’occupe, comme elle s’est occupée de moi depuis que je suis né, elle connait que moi en france, elle a pas de famille, je suis sa famille, et trouvez la moi !! »

Il a fini par la retrouver … à l’hopital. Pas trés en forme évidemment, mais vivante, râleuse et enchantée de le sentir près d’elle. Evidemment désireuse de rentrer chez elle au plus tôt (elle doit tailler la vigne de sa tonnelle … oui même aveugle elle monte à l’échelle pour tailler sa vigne grimpante).

Romane a débarqué en France à la fin des années 50, immédiatement elle est devenue la nounou d’Henri. Il a su parler espagnol avant de savoir parler français. C’était une trés belle femme, brune et fière, mais qui a décidé de ne jamais se laisser attrapper par un homme. Dans sa culture la femme était inférieure et au service de son mari. C’est l’homme qui a le droit de frapper et de décider de tout. Elle a choisi d’être seule et libre. Et puis elle a aimé Henri. Le seul homme de sa vie. Son presque fils. Celui pour qui elle est allée jusqu’à risquer sa vie. Celui pour qui elle a tenu tête à toutes les agressions, y compris de Maurice, le père omnipotent et effrayant, celui pour qui elle a accepté d’aller dans l’eau malgré sa phobie. Son Henri. Sa famille.

Voilà. Quand elle a disparu Henri a paniqué. Trés fort.

Mais ça va maintenant, il l’a retrouvée.

Fin d’histoire


Il me reste 24 jours « ouvrés » de travail dans cette entreprise où je suis depuis le 1er juillet 1994.

Plus la fin se rapproche, plus je sens la haine se développer contre moi.

Pendant dix sept ans, personne ne s’est préoccupé de savoir ce que je faisais.

Tout à coup il y a une prise de conscience aigüe qui rend tout le monde agressif.

Mon départ bouleverse l’ordre établi et la tranquillité générale, c’est assez évident, il va falloir que tous travaillent plus, il va falloir qu’ils apprennent à faire des choses difficiles et désagréables, il va falloir qu’ils gèrent à ma place des domaines où personne d’autre n’a jamais eu l’idée de s’aventurer.

Ils ne faisaient pas attention à moi, maintenant ils prennent conscience que j’existe par le poids de l’enclume que je portais et qu’ils prennent sur la tête.

Ils me haïssent dorénavant.

C’est le défilé, du soir au matin, pour me donner des ordres affolés « il faut finir ce dossier », « faites ceci » « faites celà » … épuisant.

Cette haine me blesse terriblement, d’autant plus qu’ils n’ont rien fait pour me retenir. Ca n’a pas de sens.

Je pense que j’aurai pas de pot de départ.

Tant pis, je boirai du champagne avec des gens qui m’aiment, c’est mieux.

CHRONIQUES DE L’ORDINAIRE – Ernestine


Ernestine aura 100 ans le  1er juillet prochain. Enfin, d’après elle, elle ne les aura pas. Elle estime que c’est indécent d’avoir un anniversaire à trois chiffres et s’est mis en tête qu’elle serait morte avant.

Elle est née le 1er juillet 1911 en Lozère.

Son père est mort en 14-18 et sa mère aussi (« de chagrin »). Elle a été élevée par son grand-père, un trés vieux monsieur de l’ancien siècle, un veuf dont elle était l’unique descendante. Pas de femmes dans son environnement. Son grand-père, quand elle en parle, elle en a les yeux qui pétillent.

« Mon grand père m’a toujours dit « il faut être gentille et souriante dans la vie ». Il rigolait tout le temps et c’est vrai qu’il avait plein d’amis. On n’avait pas de famille, la famille c’était nous deux. Il était boulanger, et moi je vendais le pain qu’il faisait. Y’avait toujours une brioche pleine de sucre pour moi dans une serviette blanche, toujours ».

Bon, je suis pas là pour parler de mon grand père, il nous faudrait des lustres et des lustres, et justement il me reste que quelques jours. Dans ma vie, j’ai eu trois fractures du crâne, d’ailleurs je porte une perruque pour pas qu’on voit les cicatrices, j’ai échappé à deux cancers, j’ai une hanche en plastique, je suis sourde à droite et j’ai un pacemaker. Hoooo ne me regardez pas comme ça, faut pas s’écouter et c’est tout, on survit à tout. Ceux qui pleurnichent, ils sont morts.

J’ai pas eu d’enfant, j’ai été veuve officiellement deux fois.

Bref, je suis venue vous faire une dernière bise vu que je vais mourir la semaine prochaine et que moi quand j’aime quelqu’un c’est pour la vie et que vous je vous aime.

Voilà c’est tout. Bonne journée et adieu.

 

 

Et un jour une femme


 

D’avoir passé des nuits blanches à rêver
Ce que les contes de fées vous laissent imaginer
D’avoir perdu son enfance dans la rue
Des illusions déçues passer inaperçu

D’être tombé plus bas que la poussière
et à la terre entière
En vouloir puis se taire
D’avoir laissé jusqu’à sa dignité
Sans plus rien demander
qu’on vienne vous achever

{Refrain1:}
Et un jour une femme
dont le regard vous frôle
Vous porte sur ses épaules
Comme elle porte le monde
Et jusqu’à bout de force
Recouvre de son écorce
Vos plaies les plus profondes
Puis un jour une femme
Met sa main dans la votre
Pour vous parler d’un autre
Parce qu’elle porte le monde
Et jusqu’au bout d’elle même
Vous prouve qu’elle vous aime
Par l’amour qu’elle inonde

Jour après jour vous redonne confiance
De toute sa patience
Vous remet debout
Trouver en soi un avenir peut-être
Et surtout l’envie d’être
ce qu’elle attend de vous

{Refrain2:}
Et un jour une femme
dont le regard vous frôle
Vous porte sur ses épaules
Comme elle porte le monde
Et jusqu’à bout de force
Recouvre de son écorce
Vos plaies les plus profondes
Vos plaies les plus profondes
Et un jour une femme
Met sa main dans la votre
Pour vous parler d’un autre
Parce qu’elle porte le monde
Et jusqu’au bout d’elle même
Vous prouve qu’elle vous aime
Par l’amour qu’elle inonde
Par l’amour qu’elle inonde

Et un jour une femme
Dont le regard vous touche
Porte jusqu’à sa bouche
Le front d’un petit monde
Et jusqu’au bout de soi
Lui donne tout ce qu’elle a
Chaque pas chaque seconde
Et jusqu’au bout du monde
Jusqu’au bout du monde

{Parlé:}
Jusqu’au bout du monde
Parce qu’elle porte le monde