R.I.P


Et bien voilà, c’est la fin de mes blogs.

C’est dommage, l’écriture sur ces supports est quasiment la seule possibilité que j’ai d’exprimer mes sentiments et émotions et qui me permet d’évacuer la pression dans ma tête « cocotte minute ».

Mais cette intimité apaisante n’est plus.

J’aimais lancer ces « bouteilles à la mer », me sachant lue quotidiennement par des inconnus. Beaucoup beaucoup de lecteurs, plusieurs dizaines de visiteurs par jour d’après les stats. De tous les pays du monde. Étrange tous ces gens intéressés par mes élucubrations.

L’anonymat me donnait une sensation de liberté. Soulageait mes désespoirs ou me permettait d’affûter ma plume.

Cette liberté n’est plus.

Merci de m’avoir suivie sans me juger.

Heure du décès du blog : 13h54.


Pardon pour mes écrits

Écrire ma colère me permet de m’en débarrasser.

Quand je suis calmée j’efface

Thérapeutique

Protégé :


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Livre amoureux


J’achète presque tous mes livres d’occasion.
Et parfois il y a des surprises dedans…

Il est joli ce « je t’aime » lancé vers l’inconnu.

Je l’ai reçu avec plaisir.

Histoire de ma voisine


L’autre jour j’ai croisé dans le hall d’entrée la voisine du rez-de-chaussée. Je vis au troisième. Depuis 5 ans.

Je l’ai déjà croisée. Mais elle ne m’avait jamais prêté attention, ni répondu à mes « bonjour » (je suis une campagnarde, je dis bonjour).

C’est une vieille dame atypique.

Elle a de très longs cheveux blancs, est habillée en rose, se balade avec un parapluie pour se faire de l’ombre, et traîne invariablement un caddie à roulettes.

Là elle m’a vue.

« c’est vous la dame du 3ème ? »

« heu oui, bonjour,… »

« (en criant) Vous allez arrêter de déverser votre eau dégueulasse dans mon jardin !!! »

« … Houla, arrêtez de crier déjà pour commencer. De quoi parlez vous ???? »

« hier matin à 10h vous avez lavé votre balcon à grande eau, toute l’eau dégueulasse est tombée dans mon jardin et sur mon linge qui séchait !!!!! »

« et non, je bosse le matin à 10h, c’est sûrement pas moi. »

« ça venait du 3eme !!! »

« je vous dis que je n’étais pas chez moi. Il n’y avait que le chat chez moi. Ça m’étonnerait qu’il ait nettoyé la terrasse. Dommage d’ailleurs. »

« mais si c’est pas vous c’est qui ??? »(toujours criant)

« j’en sais rien je vous dis que j’étais pas là. »

« et vous arrosez vos plantes ? »

« Madame, l’eau ne vient pas de mon balcon. »

(douce) « ha d’accord. Vous voulez des aloès vera ? »

« heu… Oui. Je les planterai dans mon refuge. »

« vous me ferez une photo ? »

« promis. Enchantée, je m’appelle V. T. »

« Ha oui, moi c’est Madame Rose. »


Histoire de bonheur et de légèreté. Et de gravité aussi.


Je suis pleinement heureuse aujourd’hui.

C’est si bon. Être pleinement heureuse.

Toutes mes angoisses se taisent, je vis à mon rythme biologique. Je suis en vacances, encore pour une dizaine de jours. Je reviens d’Espagne où j’ai nettoyé ma tête dans les manèges fous de Port Aventura. Je n’ai pas de projets, pas d’obligations. Zéro horaire. La mer n’est pas loin, à disposition. Il y a aussi une amie avec piscine qui m’attend les bras ouverts.

Là je repique des aloès vera offerts par la voisine d’en bas, contre un panier de prunes.

Il y a un clafoutis d’abricots préparé ce matin qui attend sagement dans le frigo.

Je ne pense à rien.

Rien n’est important. Seulement ce bien être incroyable. Inattendu. Rare. Oublié.

J’erre quasi nue dans mon appartement frais. Dehors c’est canicule. Je me pose parfois dans le couloir des courants d’air.

Je ne pense à rien. C’est ça les vraies vacances. Mon cerveau qui arrête de mouliner.

Peut être que je vais faire la sieste. Ou aller me baigner. Ou aller au cinéma. Peu importe. Pas de montre.

Une langueur délicieuse. Ma vraie nature.

Ma fille est là. Toute molle aussi. Ayant oublié son stress de bac français. Elle s’en fout de tout. Encore pire que moi.

Il y a cet abandon. Ce lâcher prise inouï pour moi. Qui est arrivé d’un coup, avec ma dernier rupture douloureuse. J’ai abandonné l’idée de trouver mon âme sœur. De rencontrer « l’homme ».

Et du coup je m’en fous de tout.

Ça prenait une place démesurée. Énorme. Tout l’espace de ma tête. Et ça j’en suis libérée. Totalement. Je ne sais pas trop comment c’est arrivé.

Je lui ai demandé s’il m’aimait, il n’a pas réussi à répondre.

Et maintenant je m’en fous complètement. De tout. J’ai abandonné l’idée. Ce n’est pas un échec. Ni une défaite. J’ai enfin accepté la réalité de mon célibat. Je ne suis pas faite pour le couple. Pour moi être avec un homme est une annihilation de mon être. Une soumission à sa névrose.

J’ai aimé fort, passionnément. Souvent. J’ai exulté de passion. Je me suis donnée, je me suis oubliée, je me suis effacée. Et c’est fini. Et je m’en fous.

Je n’ai plus envie d’intimité avec un homme, à nouveau s’adapter à un corps, à nouveau se soumettre à des compromis, à des désirs, des obligations. Je crois que je ne peux plus aimer quelqu’un d’autre. Et en fait c’est une très bonne chose. Car je vais m’aimer moi même. Enfin. Tout un champ d’exploration. Et je m’aimerai, vieille, grosse, laide. Peu importe. J’aimerai qui je suis dans mon être. Comme personne n’a pu.

Et là aujourd’hui, je me sens libre, heureuse. Et je m’en fous de tout. C’est stupéfiant.

C’est enfin ce à quoi j’aspire depuis toujours et de tout mon être.

Et j’avais la folie de croire que c’était un homme qui m’en ferait cadeau.

Je suis le seul maître de ma liberté et de mon bien être.


Histoire de diplomacie


Parfois, on se doit, par simple diplomatie et politesse, de fermer sa bouche et de ne surtout pas dire ce que l’on pense.

Il vaut mieux laisser l’autre sur un sentiment de frustration de ne pas avoir compris ce qu’il se passait, plutôt que de dire en frontal ce que l’on a envie de dire.

En même temps, laisser l’autre dans l’inconfort de l’incompréhension nous jette nous dans l’inconfort de la parole tue.

J’ai une collègue de travail qui est mauvaise au possible, langue de vipère, tire-au-flan, menteuse, les clients la détestent, le patron la déteste, les collègues la détestent.

Sa fumisterie déséquilibre le travail de 7 personnes. Son salaire est disproportionné.

Mais elle est invirable.

Dans ce bled perdu dans les Cevennes où je bosse, son mari a une position économique de premier plan : on ne se fâche pas avec ces gens sinon la boîte coule.

Hier, j’ai dû refaire en intégralité un dossier qu’elle a depuis 5 ans, en direct, avec les clients en face et le patron fébrile dans le dos.

Et tout à l’heure j’ai été convoquée.

Mon boss veut que je prenne la responsabilité du travail de cette employée. Inutile de dire que j’ai fermement refusé. Quelqu’un qui est invirable, qui le sait, qui bosse peu et mal, qui n’obéit à personne… Well c’est sa croix pas la mienne.

Je vous tiens au jus, aussi bien à cette heure ci j’ai un licenciement en cours !!!