Philo


Est-ce que la vie n’est qu’un mensonge amer et pathétique ?

Je vais faire un civet de sanglier.

Quand les papilles s’extasient la vie semble moins dégueulasse.

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Cohabitation


J’ai accueillie ma meilleure amie chez moi, pendant 14 mois. Ma blonde.

Elle était en galère et ça me paraissait normal de faire ça pour elle. 

Elle est partie le mois dernier, dans une maison à elle. Et je suis heureuse qu’elle ait réussi à s’en sortir.

J’étais heureuse aussi de retrouver mon intimité, même si ma blonde était facile à vivre et non pesante.

Voila. Depuis trois jours j’ai une nouvelle « co-locataire ». Ma chambre d’amie n’a pas eu le temps de reprendre sa fonction de dressing.

Ma copine My et sa fille de 2 ans sont arrivées, pour une dizaine de jours entre deux déménagements. Je n’ai pas pu dire non. My, 51 ans, fraîchement séparée, enceinte. Dépressive et capricieuse.

C’est compliqué. La mère et la fille sont mal éduquées. Bordéliques, voire sales … Elles ont débarqué avec des dizaines de sacs pleins, qui trainent partout dans la maison. N’importe où l’on pose son regard, il y a des sacs pleins de trucs. Et mon garage est devenu garde meuble.

Ça fait trois jours que je passe derrière elles pour nettoyer … Et ça me fait monter la moutarde. Rentrer du boulot à 20 h et devoir ranger, laver et faire à manger … 

Les couches sales qui trainent, les restes de nourriture, les légumes pourris ramenés pendant le déménagement et qui ont englué mon frigo. La gosse qui mange sur le canapé blanc, qui sort tout des placards, qui casse, qui hurle quand on dit « non ». Qui n’écoute rien. (Les limites de l’éducation exclusivement bienveillante). 

My se fout de moi. Me disant que je suis trop stressée de la vie. (J’ai gueulé après avoir marché pieds nus sur des épluchures de … Tomates ?). Elle m’a affirmé que j’étais incapable de vivre avec un mec ou en communauté. Que j’étais psychorigide.

En trois jours elle a réussi à me mettre à cran. 

Et là elle vient de faire une fausse couche. Elle est partie à l’hôpital. Le papa est venu chercher la petite. Je suis abasourdie et culpabilisante. 

J’estime que les gens mènent la vie qu’ils veulent. Dans la limite de l’emmerdement des autres. My a fait le choix de la maternité tardive. Je n’ai rien à dire sur son choix. 

Ce qui me dérange c’est qu’elle compte sur les autres pour l’aider car ses choix ne sont pas viables. Elle a choisi d’être enceinte à 51 ans (insémination artificielle à l’étranger). Son mec est parti car il n’accepte pas ce choix sans son accord (65 ans). Donc elle est seule.

My n’a pas d’argent. Là elle ne peut pas travailler pendant plusieurs semaines (profession libérale). Les parents de My sont des octogénaires. Elle a un frère handicapé. 

Elle compte sur les copines.

Moi.

J’allais la prendre entre quatre yeux. Mais voilà, elle est à l’hôpital. Et je ne sais pas si elle a pouvoir déménager.

Je me sens piégée. Je me sens méchante. Je me sens déprimée. 

Pourquoi mes bonnes actions se transforment en catastrophe pour moi.


Tu sais …

Quand un amoureux est sorti de ta vie 

Et que dans le même temps tu veux qu’il disparaisse pour toujours, et que pour toujours il soit là avec toi. 

Cette contradiction qui te prend la tête. Tu penses à lui et ça te fait chier de penser à lui.

Au secours je suis une fille débile. 

Angel


Mon patron vient de m’appeler « Angel ».

Il n’y a aucune raison pour qu’il m’appelle Angel.

Angel c’est moi … Ici. C’est mon monde intérieur. C’est mon rêve, mon secret, ma liberté de parole. 

C’est mon troisième prénom aussi. Angèle, comme ma grand-mère. 

Mon patron ne peut pas m’appeler « Angel ».

C’est tout le contraire de son monde matériel et gluant.

Je suis pâle, verte, rouge, fébrile. 

J’attends de lui parler seul à seule. 

Ça me tue le chakra du coeur. 

La montagnia es polida 


Histoire d’absence d’amour


Tout à l’heure j’ai entendu une jeune femme parler de son homme, son grand amour.

Ca m’a fait un choc.

J’ai réalisé quelle était aimée comme je voulais l’être sans oser imaginer que ça existait.

Ça existe.

Et je ne l’ai jamais vécu.

Jamais.

Ce qui m’a choquée c’est de réaliser que je n’ai jamais été aimée.

Jamais.

C’est pas terrible comme prise de conscience.

Histoire de miroir aux cinglés


C’est quoi déjà l’expression ?

« Si tu trouves que tout le monde est cinglé, en fait c’est probablement toi qui l’es … »

Et bien je suis manifestement cinglée.

Je ne suis pas capable de dire quand ça a commencé.

Quand j’ai commencé à perdre pied.

Ce matin j’ai entendu la stagiaire expliquer à la patronne que si elle avait merdé son dossier c’était entièrement de ma faute, car je ne l’avais pas surveillée correctement. Juste avant elle me disait qu’elle n’en avait rien à foutre de mes consignes.

Hier j’ai entendu un client me menacer de mort car la comptable ne lui avait pas fait le virement des 404,58€ auxquels il a droit. Il m’a expliqué qu’il me taperait sur la gueule jusqu’à ce que mon cerveau gicle par mes oreilles.

Avant hier un homme que j’ai klaxonné (refus de priorité) s’est arrêté au milieu de la route et a donné des coups de pied dans ma voiture et a tenté d’ouvrir ma voiture pour me taper.

Le jour d’avant un clochard m’a pissé sur les chaussures.

Le jour d’avant j’ai vu sur Facebook les photos de vacances d’une copine, sachant qu’elle est partie avec ma cagnotte vacances qui devait lui permettre de payer ses loyers en retard et ne pas être virée de son appartement.

Avant un vieil ami a essayé de me violer. Et sa femme m’a traitée de traînée.

Avant un gars m’a expliqué comment il a enterré un poney au fond du jardin après l’avoir tué à coup de pelle.

Avant un gars a appris à ses perroquets de collection à dire « je t’aime Véronique » sans ne m’avoir jamais rencontrée.

Avant un gars m’a invitée dans de grands restaurants et a fait des fausses cartes bleues que j’ai dû payer à posteriori car on avait tout réservé avec mon numéro de téléphone

Avant un gars m’a poliment laissée sur le bord de la route, en pleine nuit, dans le quartier le plus mal famé de la ville car sinon ça lui faisait un trop grand détour

Avant un type m’a dit que j’étais sûrement son âme sœur mais que j’étais pas assez belle alors tant pis.

Avant un gars m’a dit que je le rendais alcoolique.

Avant une ancienne collègue dont je n’ai pas eu de nouvelles depuis huit ans à tellement dit du mal de moi pendant une soirée mondaine que trois personnes me l’ont répété. Je l’avais hébergée avec ses deux gosses pendant sa rupture.

Avant, avant, avant …

Voilà, manifestement je suis totalement cinglée depuis un an.

Quand on trouve tout le monde cinglé c’est que le problème vient se soi.

Comment cesse t’on d’être cinglée ?

Histoire d’album photo


J’ai toujours pris beaucoup de photos. 

Quelque part j’ai préservé la mémoire familiale. 

Petite, je me rappelle avoir laissé une grosse partie de mon argent de poche en développement de pellicule. 

Ma mère s’étonnait récemment en regardant mes vieux albums (qu’elle s’est appropriés) de ne pas m’y voir dedans. Normal maman, c’était moi le photographe.

Je prends les photos mais ne les regarde plus après. 

Or, ces derniers jours j’ai réalisé que mes albums étaient devenus salvateurs.

En effet, ma mémoire hors norme me joue des tours. Je ne me souviens pas des instants heureux.

Les photos m’ont montré qu’il y en avait. 

On ne prend que les bons moments en photo. Les noëls,  les fêtes, les journées ensoleillées et souriantes, les enfants qui rient, les mariés qui rayonnent, les vacances.

Voilà … J’ai eu des bons moments. Et heureusement j’ai quelques photos pour me le rappeler.

Ma vie est moins sombre que je ne me le fais croire. 

Croyez-vous en l’amour ?


Croyez-vous en l’amour ?
Non. 

Je parle d’un amour qui rend la vue aux aveugles. 

D’un amour plus fort que la peur. 

Je parle d’un amour qui insuffle du sens à la vie, qui résiste aux lois naturelles de l »usure, qui nous épanouit, qui ne connaît aucune limite. 
Je parle du triomphe de l’esprit humain sur l’égoïsme et la mort…
–  Jan-Philipp Sendker –

30 septembre


Il y a 17 ans c’était le jour de mon mariage. 

Une journée très réussie et vraiment heureuse.

Et pourtant, alors que je disais « oui », je savais déjà que ça finirait en divorce. 

Oui. Le jour de mon mariage je savais déjà que ça ne durerait pas.

Et pourtant j’ai dit oui. Car je savais que je devais vivre cette histoire, faire ma fille avec cet homme, et vivre ma séparation. 

Je suis heureuse de ne plus être l’épouse de cet homme, mais je suis contente qu’il soit le père de ma fille. Parfois c’est désagréable entre nous, mais en général c’est courtois, voire amical. 

Je me souviens de la femme que j’étais à l’époque. Elle n’est plus. 

Je ne la regrette pas.